"Look away, look away…" ("Eteignez vos télés") : la voix grinçante de Neil Patrick Harris vous accueille avec cet avertissement : non, Les Orphelins Baudelaire, toute nouvelle série de Netflix adaptée du chef-d'œuvre de Lemony Snicket, n'est vraiment pas fréquentable. Heureusement, nous ne sommes pas du genre à nous laisser impressionner par un comédien de seconde zone (le rôle de Harris dans Les Désastreuses Aventures…). Et nous avons eu raison : adaptée pour la télévision par Daniel Handler (le vrai nom de Lemony Snicket), développée par Mark Hudis (True Blood) et réalisée par Barry Sonnenfeld, la nouvelle série de la plateforme de téléchargement légal possède tous les ingrédients pour nous rendre.

De quoi ça parle ?

Pour ceux qui n'auraient jamais eu l'occasion de lire la saga littéraire ou de regarder le film de 2004, petit rappel des faits : Violette, Klaus et Prunille ont perdu leurs parents à la suite de l'incendie de leur manoir. Ils sont donc confiés à l'un de leur parent proche, l'ignoble Comte Olaf, acteur minable et sans le sou qui passe d'un costume à un autre pour tenter de dérober aux trois orphelins leur immense fortune. Heureusement, la fratrie n'est pas totalement impuissante : Violette est une véritable McGyver en herbe et peut fabriquer n'importe quel gadget avec tout ce qui lui tombe sous la main. Klaus, son petit frère, peut compter sur un cerveau à la Lisa Simpson. Quant à Prunille, en plus d'être un adorable bébé, ses dents sont déjà coupantes comme un rasoir, une compétence forcément utile lorsqu'on se retrouve confronté à la cupidité, l'indifférence ou la cruauté d'une bande d'adultes tous plus nuls les uns que les autres.

Entre Tim Burton et Roald Dahl

Face au génial Neil Patrick Harris (un comte Olaf plus laid que nature), Malina Weissman (Violette), Klaus (Louis Hynes) et Presley Smith (Prunille) rivalisent de talent (et de mignonnitude). Au cours de ces épisodes qui évitent tous les poncifs et les écueils du genre, on redécouvre avec plaisir un univers à la Tim Burton (pour le côté gothique) et à la Roald Dahl (pour sa délicieuse cruauté) : mise en scène et décors soignés, humour noir omniprésent, superbe galerie de personnages secondaires, portés par de véritables pointures (Joan Cusack, Catherine O'Hara, Alfre Woodard, Don Johnson, Patrick Warburton…). Bref, les fans de la saga n'auront pas attendu en vain, et quant aux néophytes, ils ont droit à une voie royale pour leur entrée dans ce monde pétri de mauvais sentiments…