Promesse tenue pour la première édition du Festival AFROPUNK. La soirée du samedi 23 mai 2015 était folle ! Entre le groupe rock Youth Man à l'énergie débordante, la sublime Sandra Nkaké à la voix suave et envoûtante, Young Paris et son rap aux influences africaines, Leon Bridges qui nous offre un moment de pur bonheur, le groupe Lolawolf qui nous plonge dans une ambiance électrique sans oublier le grand Keziah Jones qui nous montre toute l'étendue de son talent de guitariste, autant vous dire que ce concert était la soirée où il fallait être ! Retour sur ce moment unique.

Une diversité qui rassemble

La salle est calme, mais ça ne va pas durer. Le groupe britannique Youth Man composé des artistes Kaila Whyte, Miles Cocker et Marcus Perks, débarque sur scène pour mettre le feu. Dès la première chanson, on comprend que leur truc à eux, c'est le rock alternatif. Youth Man nous dévoile une énergie folle sur la scène du Trianon en enchaînant les titres tels que Heavy Rain, Salt ou encore Wide Awake issus de leur premier EP baptisé Bad Weather. Le public bouge au rythme de la musique tandis que l'on sent le sol vibrer sous nos pieds. Content d'être en France pour la première fois, le groupe espère revenir bientôt nous lançant même un "Merci beaucoup" en français ! Mais à peine ont-ils repris leur souffle qu'ils repartent de plus belle. La dernière chanson terminée, les artistes jettent leur guitare à terre et s'en vont. Vous avez dit bad ass ? Entre chaque prestation, le DJ Hannah Faith continue de maintenir l'ambiance. Mais aussi deux hôtesses qui, elles, présentent le concept de la soirée en nous faisant patienter : "Afropunk c'est 'freedom mind' (la liberté de l'esprit en français)"

Arrive sur la scène, Sandra Nkaké. Elle est accompagnée de Jî Drû. Silence dans la salle. Sandra Nkaké nous offre en cadeau sa voix grave mais fragile à la fois. Le duo, en totale symbiose nous fait profiter de plusieurs reprises telles que I Put a Spell On You de Nina Simone, Light My Fire des Doors, Heroes de David Bowie et Hang Down Your Head de Tom Waits. Et, lorsque Jî Drû se met à jouer de la flûte traversière se mêlant à la voix puissante de Sandra Nkaké, les frissons se font ressentir. Le public plane. Changement d'ambiance avec Young Paris. Ce dernier, qui interprète les titres Watah et Kake, fait bouger la salle avec son rap-électro aux influences congolaises. L'artiste nous offre d'ailleurs quelques pas de danse accompagnés d'une personne choisie dans le public qu'il fait monter sur la scène. Young Paris est excité, lançant de l'eau dans le public avant de s'y jeter ! Puis, retour au calme lorsque débarque sur la scène Leon Bridges, accompagné de sept musiciens dont deux choristes. Avec cet artiste, un bond dans le passé est fait. Nous voilà dans les années 60, où gospel et soul se mêlent lorsqu'il interprète des chansons comme Coming Home ou encore Better Man. L'esprit de la Motown envahit la salle. Comparable à un Otis Redding, Leon Bridges est tiré à quatre épingles, le nœud papillon bien en place, il nous envoûte de sa voix suave. Le jeune Texan finit sur son titre phare River. Impossible à ce moment précis de ne pas se transformer en midinette.

Puis, Lolawolf fait son entrée. Le groupe de la talentueuse Zoë Kravitz électrise la salle. Avec les titres Jimmy Franco ou encore Calm Down, le groupe réussit à faire entrer le public dans son univers électro. Une petite danse sexy sur la scène de la part de Zoë Kravitz et le public est en délire. Elle finit par interpréter Bitch, son dernier titre en duo avec Miley Cyrus dont le clip est sulfureux. Le refrain est chanté en cœur par l'audience. Un show époustouflant en témoigne la présence dans le public de Jaden Smith et Willow Smith, accompagnés du chanteur Lenny Kravitz, venu assister au passage du groupe de sa fille. Enfin, c'est au tour de Keziah Jones de se montrer. La foule est en délire. Le chanteur interprète ses plus grands classiques Beautiful Emilie ou encore Rhythm is Love. Seul sur scène, Keziah Jones nous prouve encore une fois qu'à la guitare c'est lui le chef. Véritable prodige son passage fait l’unanimité. Portant un chapeau à la Pharrell Williams, Keziah Jones nous a définitivement rendus happy. Vivement ce soir !