Dans la lignée de La Maladie de Sachs, Thomas Lilti nous livre un 2e long-métrage très réussi avec Hippocrate, 7 ans après Les Yeux Bandés. La médecine, c'est d'ailleurs l'un des sujets prédilection de ce réalisateur à qui l'on doit également Médecin de campagne, superbement interprété par François Cluzet. Alors que la star d'Intouchables campe un généraliste fort d'une longue expérience auprès de ses patients, Vincent Lacoste incarne Benjamin, un jeune interne enthousiaste mais angoissé, sur le point de prendre en charge ses premiers malades, dans Hippocrate. Un film à découvrir ce soir 14 mars, sur France 2.

1. Pas de pathos mais beaucoup d'émotion

Au sein de l'hôpital où officie Benjamin, petites et grandes douleurs défilent 24h/24. Avec, en plus de la maladie et des blessures, des histoires de patients douloureuses, compliquées. Benjamin découvre ainsi qu'en plus de distribuer les piqûres et les ordonnances, il doit aussi être capable d'écoute et de compréhension. Avec le risque, parfois, de trop se laisser gagner par la détresse de certains de ses malades. Pour autant, le film est loin de verser dans le drame facile. Juste et sincère, il évoque des situations d'autant plus difficiles qu'elles s'inspirent de faits réels.

2. Vincent Lacoste dans un rôle superbe

Pour incarner ce jeune médecin à son entrée dans la cour des grands, Thomas Lilti a misé sur Vincent Lacoste. 2 ans avant Victoria qui lui vaut une nomination pour le César du meilleur second rôle masculin en 2017, l'acteur de 23 ans à la bouille juvénile est tout simplement parfait dans le rôle de Benjamin. Avec beaucoup de subtilité, il nous transmet les angoisses et les espoirs de son personnage, qui mesure soudain la responsabilité écrasante qui est la sienne vis-à-vis de ses patients.

3. La vraie vie des hôpitaux

Fils de médecin, le réalisateur Thomas Lilti a d'abord opté pour des études de médecine avant de se lancer dans le cinéma. L'hôpital qui sert de décor à Hippocrate est d'ailleurs celui où il a fait son internat, des années auparavant ! Ce lieu familier et son expérience lui ont permis de créer une œuvre la plus fidèle possible à la réalité : ni trop glamour, ni totalement déprimante… une vraie vie d'hôpital, avec ses joies et ses malheurs.

4. Un film drôle malgré tout

Des joies, il y en a beaucoup dans ce film. Parce que les étudiants en médecine sont avant tout des étudiants, qui aiment faire la fête et flirter. Parce que certains patients, il faut le reconnaître, prêtent plus à rire qu'à pleurer. Et parce que l'existence n'est pas faite que de drames insurmontables, même chez les médecins !

5. Des seconds rôles épatants

Aux côtés de Vincent Lacoste, on trouve ainsi l'excellent Reda Kateb dans le rôle d'Abdel, l'interne étranger et ultra-compétent, mais aussi Jacques Gamblin et Marianne Denicourt, épatants et très humains en médecins hospitaliers en prise avec le réel.