Biographie de Bourvil

De son vrai nom André Raimbourg, Bourvil est l'un des plus célèbres acteurs français du XXe siècle. Plus particulièrement connu pour sa carrière d'acteur comique, il formera un tandem bien connu avec Louis de Funès, mais excelle également dans des films plus dramatiques. Né en 1917, il décède en 1970 d'un cancer des os, à l'issue d'une carrière débutée en 1937 au music-hall, et riche d'une cinquantaine de films, parmi lesquels certains des plus grands succès du 7e art français, tels que Le Corniaud, La Grande Vadrouille ou La Traversée de Paris.

Bourvil en privé

André-Robert Raimbourg naît le 27 juillet 1917 à Prétot-Vicquemare, en Seine-Maritime. Dès l'âge de 3 ans, il s'installe dans le petit village normand de Bourvil, à qui il empruntera son célèbre pseudonyme. Fils d'agriculteurs, son père décède de la grippe espagnole durant la Première Guerre mondiale, et est élevé par sa mère et son beau-père. Il a un frère et une sœur, ainsi qu'une demi-sœur et un demi-frère.
Bon élève, Bourvil ne supporte pourtant pas les règles du pensionnat et abandonne son projet de devenir instituteur. A l'adolescence, il devient boulanger, mais développe dès son plus jeune âge un véritable talent pour amuser les foules, notamment dans les kermesses de son village.
En 1937, il s'engage pour 2 ans de service militaire : déjà fasciné par le monde du spectacle, et grand admirateur de Fernandel, il souhaite apprendre la musique militaire, mais ne sera démobilisé qu'après la défaite de la France contre l'Allemagne, en juin 1940. Tout en poursuivant son rêve de faire carrière dans le music-hall, il exerce toutes sortes de petits boulots à Paris. En 1943, il épouse son amie Jeanne Lefrique, avec qui il aura 2 enfants, Dominique et Philippe. Elle reste à ses côtés jusqu'à la fin, et décède en 1985 dans un accident de la circulation, alors qu'elle se rendait à Montainville sur la tombe de son époux.
Bourvil professait un mode de vie très sain, et fut l'un des précurseurs du bio en France. Il espérait ainsi connaître les années 2000 pour voir grandir ses fils et connaître une vieillesse heureuse avec sa femme. Hélas, en 1967, il se voit diagnostiquer la maladie de Kahler, une forme de cancer de la moelle osseuse. Il lutte pendant 3 ans contre la maladie, refusant d'évoquer ses souffrances et voulant continuer à tourner comme si de rien n'était. Il décède en 1970, 4 mois après avoir donné une interview sur le tournage du Mur de l'Atlantique, son dernier film. Au reporter de France Soir, il déclare tout sourire : "Je suis un homme heureux, en bonne santé, lucide. Je n'ai aucun mérite à être un sage. Je n'ai pas de besoins. Plus les années avancent, plus je m'efforce d'apprendre à vivre et à vieillir."

Bourvil en public

Alors qu'il effectue son service militaire, Bourvil débute sa carrière d'amuseur en interprétant notamment les plus grandes chansons de Fernandel. Durant sa mobilisation, il remporte le 1er prix d'un radio-crochet parisien, toujours avec des titres de Fernandel. Après avoir été admis comme auditeur au Conservatoire National Supérieur de Musique de Paris en 1941 (dans la section trompette), il est engagé en 1942 par le prestigieux cabaret parisien Carrère. Dans une revue notamment menée par Georges Guétary, il fait sensation et commence à attirer l'attention de la critique.
Après une figuration dans Croisières sidérales d'André Zwobada, en 1942, il décroche son 1er rôle marquant aux côtés de Jean Gabin dans La Ferme du Pendu de Jean Dréville, en 1945, où il interprète la chanson Les Crayons. Nombre de ses films le cantonnent à des rôles de grand naïf, voire de benêt, une situation qui irritait Bourvil comme le révèle son ami, le réalisateur Jean-Pierre Mocky, dans une interview pour Le Figaro : "On dit qu'il était gentil. Non, il n'était pas gentil du tout. Il était coléreux et détestait qu'on le prenne pour un con. Il disait qu'il était artiste et qu'il pouvait jouer, comme Fernandel, des rôles dramatiques. Mais, comme il était d'origine paysanne, on l'a cantonné à des rôles d'idiot, pensant qu'il n'avait aucune personnalité."
L'année 1954 signe sa rencontre déterminante avec Louis de Funès, alors peu connu du grand public, dans le film Poisson d'avril. Ils se retrouveront brièvement en 1956 dans La Traversée de Paris, le temps d'une scène-culte, puis dans Le Corniaud de Gérard Oury, en 1965, et dans La Grande Vadrouille en 1966. Ces 2 acteurs aux caractères si opposés, au rythme de jeu si différents, vont former l'un des plus célèbres duos comiques du cinéma français. Leur lien d'amitié poussera d'ailleurs Bourvil à imposer que le nom de Louis de Funès apparaisse sur le même plan que le sien dans le générique du Corniaud, alors que son cachet dépassait de très loin celui de de Funès.
Outre Louis de Funès, Bourvil donne la réplique à quelques géants du 7e art français : Jean Gabin, Fernandel, Lino Ventura, Jacqueline Maillan, Alain Delon, Jean-Paul Belmondo, Bernard Blier, mais aussi des stars américaines, telles que Henri Fonda dans Le Jour le plus long, ou William Holden dans L'Arbre de Noël.
Célébré pour son talent comique, Bourvil est aussi un formidable acteur dramatique : il le prouvera dans l'un de ses films préférés, Le Cercle rouge de Jean-Pierre Melville, où il interprète le rôle du commissaire Matteï, et sera d'ailleurs crédité au générique sous le nom d'André Bourvil.
Acteur, humoriste, Bourvil était aussi un grand chansonnier, dont les airs font encore aujourd'hui partie du patrimoine de la chanson française : Le Petit Bal perdu, La Tactique du gendarme, Salade de fruits… et bien d'autres ! Bourvil décède en septembre 1970, avant de pouvoir retrouver une dernière fois Louis de Funès dans La Folie des grandeurs. Le rôle du valet de Don Salluste, qui lui était à l'origine réservé, sera finalement offert à Yves Montand.