Black M revient dans les bacs avec son second album solo qui fait suite au succès de Les yeux plus gros que le monde sorti en 2014. Éternel Insatisfait sort le 28 octobre et l'acolyte de Maître Gims nous a parlé de son disque, de son voyage en Guinée et de ses différents projets.

Staragora : Comment te sens-tu à quelques jours de la sortie d’Éternel Insatisfait [dans les bacs le 28 octobre, ndlr] ?

Black M : J'ai une certaine pression, comme au premier album, mais je transforme tout ça en positif. Je me pose beaucoup de questions et je réécoute le CD pour voir si j'ai fait les bons choix et je suis satisfait, bien que l'album s'appelle Éternel Insatisfait.

S : Ton premier album s'intitulait Les yeux plus gros que le monde, là tu sors Éternel Insatisfait. Tu as une carrière, de l'argent, une famille, qu'est-il faudrait pour que tu te dises que tu as tout réussi ? 

Black M : Tant que tu es vivant, tu en veux toujours plus. C'est mon avis. Quand obtient quelque chose on veut le double, puis le triple et ainsi de suite.C'est pour ça que l'album s'appelle Éternel Insatisfait.

S : Tu es donc très ambitieux. C'est ta principale qualité pour en être arrivé là où tu en es ? 

Black M : Détermination et ambition. Et beaucoup de travail.

S : Tu as d'autres projets en dehors de la musique ? Le cinéma par exemple [Black M est sur la BO de La pièce et fait une petite apparition, ndlr]

Black M : Je suis en train d'écrire un long métrage sur ma vie avec un acteur connu. Mais je ne peux pas en dire plus pour l'instant. C'est un projet qui me tient à coeur et je vais tout donner, car je n'aime pas les échecs. Percer dans le cinéma est un objectif.

S : Mais tu restes fidèle à la musique ?

Black M : C'est mon 2e album qui me pousse le plus pour l'instant. Mais j'ai des rêves. Les stars américaines me font rêver. Par exemple Eminem, son apogée c'est d'avoir fait un film sur sa vie. 

S : Et que s'est-il passé dans la vie de Black M qui mériterait un film ? 

Black M : C'est une bonne question, je comprends que ça puisse surprendre comme idée. En fait, ce n'est pas très commun d'avoir grandi dans un quartier de riches, d'avoir vécu dans une loge gardien, être la seule famille de blacks, se faire expulser de ce quartier de riches. Il m'est arrivé pas mal de choses par la suite, la rencontre avec mon groupe la Sexion d'Aussaut. On a vécu quelque chose d'exceptionnel qui n'arrive pas tous les jours. L'image que j'ai aujourd'hui. Je suis parti d'un rap très très urbain à un rap très très populaire, ça aussi c'est pas commun. Je vais raconter toutes ces choses dans le film.

S : Comment expliques-tu la transition entre ce que tu faisais avec Sexion d'Assaut et ce que tu fais maintenant ? Ça n'a plus rien à voir, tu fais de la variet comme dirait Doc Gynéco.

Black M : Je ne considère pas que je fais de la variété française. Je fais de la musique ouverte très ouverte. Mais me classer dans la variété française, je ne vois pas trop le rapport. Mais je me trompe peut-être. Si j'en faisais je le dirais qans problème, mais je n'estime pas faire de la variété.

S : Ton clip "Askip" est une critique des journalistes. As-tu déjà été confronté à des journalistes qui t'interviewent parce que tu es un des meilleurs vendeurs de France, mais qui ne s'intéressent pas à ta musique ? 

Black M : Bien sûr. J'ai déjà été face à des journalistes qui regardent leur fiche et me disent droit dans les yeux 'Nan mais en fait je n'écoute pas ce style de musique, on m'a forcé'. Ça ne met pas à l'aise du tout. Ça énerve plus qu'autre chose mais je joue le jeu. Mais j'en garde un mauvais souvenir.

S : Ce clip est une sorte de revanche ? 

Black M : Oui. Envers ces journalistes ou les médias qui font semblant de s'intéresser à ma musique, mais qui me posent qu'une seule question pour ensuite rebondir sur toutes les histoires qu'on veut effacer, les polémiques, etc. [la polémique sur l'homophobie de Sexin d'Assaut, le refus de voir Black M chanter à Verdun en mai 2016, ndlr].

S : Tu as l'impression d'être utilisé pour le buzz ? 

Black M : Clairement.

S : Sur ton album tu évoques plusieurs thèmes. Le succès, l'argent, la peur de ne pas réussir à faire aussi bien. On sent une volonté de faire encore mieux.

Black M : Bien sûr j'aimerais faire mieux.

S : Tu parles du succès comme si tu avais une espèce de responsabilité. On a l'impression que des gens comptent sur toi.

Black M : Avec cet album je me suis rendu compte de l'impact sur le public, les Guinéens que je rencontre [Black M est d'origine guinéenne, ndlr] en France ou à travers le monde qui me disent que je suis un espoir pour eux, ma famille. Dans le clip A l'ouest avec MHD, il y a une grand-mère que je fais danser. Et il y a pas longtemps à Gare Montparnasse est homme est venu me voir et m'a remercié. Il n'avait pas vu sa grand-mère depuis 6 ans et c'est elle qui était dans mon clip. Ce genre de messages me donne envie de continuer et d'aller encore plus loin.

S : Qu'aimerais-tu qu'on retienne de toi ? Hormis le buzz, le succès, l'argent et tout ce qui va avec. 

Black M : La musique. Je que je veux laisser c'est une empreinte musicale.

S : Et la Guinée, quel rapport as-tu avec le pays de tes parents ?

Black M : Je n'y suis pas né mais j'y ai été en février, on a tourné un documentaire.J'y vais depuis que je suis tout petit, donc je connais bien.

S : En quoi venir de Guinée ou d'Afrique en général te donne un truc en plus dans ta carrière, ta musique, dans ta volonté de te dépasser ?

Black M : Ça peut paraître ridicule mais dans le village de ma grand-mère il n'y a pas l'électricité. Si grâce à ma musique je peux installer l'électricité dans tout le village, j'aurais tout gagné.

S : Tu te verrais faire de l'humanitaire grâce à ton argent ? Un peu comme Akon [le chanteur sénégalais a lancé plusieurs projets humanitaires au Sénégal, ndlr]

Black M : Akon c'est un modèle. Je suis d'ailleurs en contact direct avec lui. Je connais ses actions, il sait qu'il est l'un de mes modèles, on se connait et c'est un exemple. Un grand frère exemplaire.

S : Pour en revenir à l'album, à qui s'adresse la chanson "Mon défaut" ? 

Black M : Dans mes morceaux j'aime jouer des personnages. Je ne m'adresse pas forcément à quelqu'un, ni à une femme, mais je rentre dans un personnage qui lui s'adresse à cette femme. Je m'inspire de gens de mon entourage. C'est du vécu.

S : Tu as fait une collaboration avec Shakira [sur le titre Comme moi, ndlr], comment ça s'est fait ? 

Black M : Shakira fait partie de ma maison de disques. J'ai regardé dans leurs listes quel artiste j'aimerais bien avoir pour surprendre la Franc. Je vois le nom de Shakira, on envoie les maquettes, à notre grande surprise elle répond, elle renvoie le son. Elle nous dit qu'elle kiffe le morceau et qu'elle est prête à la défendre.

S : C'est un peu la même histoire que Sia et Maître Gims [la star internationale figure sur le titre "Je te pardonne" extrait de l'album "Mon coeur avait raison", ndlr]

C'est carrément le même procédé.

S : Il sortira en single ? 

Oui, exactement.

S : Tu comptes partir en tournée pour défendre Éternel Insatisfait ? 

Black M : Mars 2017. Je vais bientôt annoncer les dates. Le but c'est de repartir sur tous les Zénith de France avec un show 10 fois plus spectaculaire que la tournée de l'année dernière.

S : Et tu te verrais faire un Stade de France ? [Black M était présent sur la première partie de Beyonce au SDF en juillet 2016, ndlr]

Black M : J'aimerais bien.

S : Ça serait une consécration ? 

[rires] Là, j'appellerais mon album Eternel Satisfait.