Biographie d'Alain Resnais

Alain Resnais est né le 3 juin 1922 à Vannes en Bretagne. Il est réalisateur et scénariste.

L'ascension d'un grand cinéaste

Né Alain-Pierre-Marie-Jean-Georges Resnais, le réalisateur est issu d'une famille aisée. Son père était pharmacien et a été maire de Treffléan de 1934 à 1962.Il est initié très tôt au goût des arts par sa famille. Il est passionné de littérature, de photographie, de peinture et de bande dessinée. A 12 ans avec sa caméra Kodak 8 mm, Alain Resnais commence à tourner des courts métrages amateurs (une adaptation de Fantômas, bien avant la version avec Jean Marais et Louis de Funès).   

Ses débuts à Paris

En 1939, Alain Resnais se destine d'abord à la profession d'acteur. Il s'en va pour Paris et fréquente le Cours Simon. N'ayant aucun diplôme, il travaille dans un premier temps comme stagiaire dans une librairie et est en parallèle l'assistant de Georges Pitoëff au Théâtre des Mathurins.Il passe le concours de l'école de cinéma, l'IDHEC, et est admis en 1943 dans la section montage. En 1946, il devient assistant-réalisateur sur le documentaire Paris 1900.  

Ses premiers courts-métrages 

En 1948, Alain Resnais sort son premier court-métrage documentaire, Van Gogh. C'est un premier essai prometteur, puisqu'il est récompensé à la Biennale de Venise et aux Oscars.Il tourne ensuite d'autres documentaires, dont Guernicaen 1950, relatant la Guerre d'Espagne et inspiré par l'oeuvre du peintre Picasso.Il reçoit le Prix Pulitzer de la cinématoographie en 1954.La même année, il co-réalise avec Chris Marker, le film très engagé, Les Statues meurent aussi, qui est récompensé du Prix Jean Vigo. Il est monteur sur le premier long-métrage d'Agnès Varda, La Pointe Courte. Avec son documentaire sur les camps d'extermination, Nuit et Brouillard, il obtient à nouveau le Prix Jean-Vigo. 

Une brillante carrière dans le cinéma d'auteur

Après son premier film perdu, Ouvert pour cause d'inventaire, il sort son chef d'oeuvre écrit par Marguerite Duras : Hiroshima, mon amour avec Emmanuelle Riva.Le film est présenté au Festival de Cannes en 1959 et connaît un succès critique et public (2,2 millions d'entrées), qui dépasse les frontières francophones. La même année, il obtient le Prix Méliès à égalité avec François Truffault et son film Les Quatre Cents Coups avec Jean-Pierre Léaud. 

Les années 60 : Cinéaste engagé

Son troisième film en noir et blanc L'Année dernière à Marienbad (1961) avec l'actrice Delphine Seyrig, et écrit avec Alain Robbe Grillet, est à nouveau un succès. Il affute son style et impressionne par un cinéma presque expérimental, qui divise aussi bien les critiques que le grand public.Le film fait néanmoins 880 000 entrées en France.

Développé jusqu'à présent en filigrane dans ses précédents films, Alain Resnais montre clairement son engagement contre la guerre, avec Muriel, ou le Temps d'un retour (1963) avec Delphine Seyrig. Le film dénonce la Guerre d'Algérie et les tortures commises. Le long-métrage connaît une réception plutot timide.En 1966, il place Yves Montand dans la peau d'un militant communiste lors de la Guerre d'Espagne dans la Guerre est finie, écrit avec l'écrivain Jorge Semprun.  En 1967, il participe au film de Chris Marker, Loin du Vietnam puis l'année suivante, il signe Je t'aime, je t'aime avec Claude Rich. Là encore, le film séduit autant qu'il déroute par sa mise en scène et sa construction alambiquée. 

Les années 70 : le retour du succès

En 1974, il choisit Jean-Paul Belmondo pour incarner Stavisky, financier et escroc dont l'affaire a secoué la Troisième République.Le film fait plus d'1 millions d'entrées. En 1977, il réalise Providence  avec Dick Bogarde, Ellen Burstyn et David Warner. En 1979, c'est avec Mon Oncle d'Amérique, écrit par Jean Gruault (décédé en juin 2015) qu'il renoue avec le succès. Le film mettant en scène des acteurs tels que Roger Pierre et Nicole Garcia fait 1,3 millions d'entéres en France. 

Les années 80 : découverte de ses muses

Les années 80 sont marquées par la sortie La Vie est un Roman (1983), L'Amour à mort (1984) ou encore Mélo (1986). Les films connaissent une réception timide, mais c'est l'occasion pour Alain Resnais de découvrir des acteurs qui deviennent ses muses fétiches : Sabine Azéma, Pierre Arditi et André Dussollier.

Les années 90-2000 : d'autres horizons créatifs

Alain Resnais s'entoure de nouveaux acteurs fétiches avec Jean-Pierre Bacri et Agnès Jaoui.En 1993, le film Smoking/No Smoking avec Pierre Arditi et Sabine Azéma obtient le César du meilleur film en 1994. En 1997, Alain Resnais tente la comédie musicale avec On connaît la chanson avec Agnès Jaoui, André Dussollier, Lambert Wilson, Jean-Pierre Bacri, Sabine Azéma et Pierre Arditi. Le film obtient 7 Césars, dont celui du meilleur film et du meilleur acteur pour André Dussollier, du meilleur acteur dans un second rôle pour Jean-Pierre Bacri et meilleur actrice dans un second rôle pour Agnès Jaoui.Le film fait 2,6 millions d'entrées en France et 3,3 millions dans l'Union Européenne. En 2003, Resnais poursuit son ouverture avec l'opérette avec Pas sur la Bouche en 2003. Après le film onirique Coeurs (2006), il adapte en 2009, les Herbes Folles, le roman de Christian Gailly. Le film déroute le public qui lui réserve un accueil mitigé. 

En 2012, il retrouve ses acteurs fétiches (Sabine Azéma, Pierre Arditi, Lambert Wilson) avec Mathieu Amalric, Bruno Podalydès ou Anne Consigny dans Vous n'avez encore rien vu. Là encore, le film divise au sein des spectateurs et des critiques.Peu de temps après sa disparition, son dernier film Aimer, boire et chanter sorti en mars 2014 mettant en scène Sandrine Kiberlain, reçoit un bon accueil avec plus de 312 000 spectateurs. 

Vie privée

En 1969, il épouse Florence Malraux, fille de l'écrivain et homme politique, André Malraux. Le couple se sépare en 1986 après la sortie de Mélo. Il fréquente ensuite sa muse Sabine Azéma, qu'il épouse en 1998. 

Le réalisateur est enterré au cimetière du Montparnasse à Paris. Il a reçu de nombreux hommages, notamment de la part du président de la République François Hollande, de la ministre de la culture de l'époque, Aurélie Filipetti et d'autres personnalités politiques sur Twitter. Lambert Wilson lui rend hommage en mai 2014 à la Cérémonie d'Ouverture du Festival de Cannes. L'acteur lui décerne un titre posthume pour l'ensemble de sa carrière