Le tribunal arbitral du sport a rendu son verdict et rejeté l’appel du Comité olympique russe. 68 athlètes seront bel et bien privés de Jeux Olympiques cette année. La cause ? Un véritable dopage d’État orchestré par la Russie et ses autorités, avec l’aide des services secrets. Staragora revient pour vous sur cette énorme polémique, qui risque de jeter un nouveau froid sur les relations de la Russie avec le reste du monde.

Dopage : le début du scandale

L’affaire remonte à décembre 2014. Le journal L’Équipe et la chaîne allemande ARDlivrent des révélations choc sur une affaire de dopage organisé en Russie. Ils se basent sur des témoignages d’anciens sportifs dopés russes, devenus lanceurs d’alerte, pour dévoiler les pratiques illégales perpétrées par le gouvernement. L’Agence Mondiale Antidopage lance immédiatement une enquête sur ces accusations gravissimes.

Des rapports accablants

En novembre 2015, l’AMA rend son premier rapport sur l’affaire. Et il est accablant. Le laboratoire antidopage de Moscou aurait en effet détruit 1417 échantillons d’urine sous la pression du gouvernement. Le rapport affirme également que les JO de Londres auraient été "sabotés" par la présence d’athlètes russes dopés. Le 18 juillet dernier, l’AMA dévoile un second rapport, qui dénonce un dopage "ordonné, contrôlé et supervisé par l’État russe, avec l’assistance et la participation active du FSB (services secrets) et le Centre de préparation des sportifs de haut niveau". Il explique qu’un officier du FSB descellait les flacons d’urine remis par le laboratoire russe pour la remplacer par de l’urine propre. Des pratiques qui auraient eu cours de 2011 à 2015.

Les athlètes russes suspendus

En novembre 2015, suite au premier rapport de l’AMA, la fédération internationale d’athlétisme (IAAF) a déclaré la fédération d’athlétisme russe inéligible aux JO de Rio. Le Comité olympique russe a alors fait appel auprès du tribunal arbitral du sport, afin qu’il autorise les athlètes non suspendus pour dopage à participer. Mais le TAS a validé la décision de l’IAAF. L’athlétisme russe ne sera donc pas à Rio cette année.

Toute la Russie exclue ?

Cette décision rendue par le TAS rend encore plus possible une exclusion totale de la Russie des prochains Jeux Olympiques. Le Comité international olympique avait déclaré se donner sept jours pour étudier le verdict du TAS quand il serait rendu. Même si le CIO promet d’explorer "toutes les options juridiques", une exclusion de toute la Russie serait très mal accueillie par le pays, qui s’estime victime d’une "décision subjective, assez politisée et sans fondement juridique", d’après le ministre russe des sports Vitali Moutko.