A 1ère vue, Big Little Lies, nouvelle mini-série dramatique produite par HBO, paraît s'inscrire dans la droite lignée d'un Desperate Housewives. A première vue seulement, car dans cette banlieue où les femmes au foyer mènent une vie en apparence idyllique, la détresse est réelle, et rarement dissipée par le rire. Avec un casting majestueux (Reese Witherspoon, Nicole Kidman, Shailene Woodley, Laura Dern) et une réalisation léchée, cette nouvelle mini-série réussit à renouveler le genre " secrets inavouables cachés sous la soie", pour le moins surexploité depuis la littérature du XIXe siècle à la fiction télévisuelle des années 2000.

L'adaptation du roman de Liane Moriarty

Big Little Lies, c'est tout d'abord un roman, paru en 2014 aux Etats-Unis et en 2017 aux éditions Albin Michel pour la traduction française. L'histoire, qui révèle le destin sombre et douloureux de personnages féminins en apparence gâtées par la vie, a fait l'objet d'une adaptation par David E. Kelley (le père d'Ally McBeal et de Chicago Hope) sous la forme d'une mini-série de 7 épisodes, tous réalisés par Jean-Marc Vallée.

Le réalisateur retrouve ainsi Reese Witherspoon et Laura Dern, ses 2 actrices de Wild, récompensées notamment aux Oscars et aux Bristish Academy Film Awards. Une belle équipe, donc, réunie pour donner corps à ce drame tourné sous la forme d'un polar à flash-backs, se déroulant dans la ville idéale de Monterey, en Californie.

Une série policière, mais aussi…

Le 1er épisode s'ouvre sur un meurtre mystérieux se produisant dans un gala de bienfaisance organisé dans l'école de la ville. L'identité de la victime nous est dissimulée, ainsi que, évidemment, celle du tueur, et les interrogatoires menés par la police sont pour le téléspectateur l'occasion de plonger dans l'histoire des habitants de cette ville de banlieue huppée. Et notamment celle de Madeline McKenzie (Reese Witherspoon), Celeste Wright (Nicole Kidman) et Jane Chapman (Shailene Woodley).

Très vite, la série s'éloigne de l'univers du polar pour nous livre rune série de portraits tragiques et bouleversants. On découvre ainsi l'enfer vécu quotidiennement par Celeste, la détresse que Madeline dissimule soigneusement sous son arrogance, et les interrogations douloureuses de Jane, nouvelle venue dans la communauté. Si HBO renoue ainsi avec le bling-bling qui avait déjà fait son succès avec Sex and The City, Big Little Lies n'a pas grand-chose d'une comédie.

On ne retrouvera donc pas les situations farfelues tissées par un Desperate Housewives toujours prêt à faire descendre ses héroïnes de leur piédestal. Centrée sur le chemin de croix de ses personnages féminins, la nouvelle création de David E. Kelley déjoue assez habilement les pièges du genre grâce à une réalisation parfaitement maîtrisée, une bande originale très soignée, et surtout l'interprétation émouvante de ses actrices.