Le festival Mawazine à Rabat au Maroc a commencé le 29 mai. Staragora est sur place depuis le 2 juin et suit de près les artistes et les concerts qui se déroulent à travers la ville. Le 2 juin au soir, on avait rendez-vous avec le groupe Placebo sur la scène OLM Souissi, la plus grande scène de ce festival réparti en plusieurs points de la ville, pour un show que l'on attendait avec impatience. Et on vous le dit, on n'a pas été déçu !

Il faut le reconnaître, en venant se produire au Maroc pour la première fois, Placebo n'arrivait pas en terrain conquis, loin de là. Et ce soir à Mawazine, il y a du lourd avec Elissa, une super star libanaise jurée dans X Factor Arabia ou encore Black M, l'idole des jeunes aux plus de 500 000 albums vendus rien qu'en France. Pour Placebo, la foule est quelque peu clairsemée, ce qui de prime abord aurait pu en inquiéter certains. Mais c'était sans compter sur le pouvoir de Placebo qui en plus de 20 ans de carrière a su se créer un solide et fidèle bastion de fans à travers le monde. Et ici au Maroc, ils sont venus en quantité applaudir la bande de Brian Molko et de Stefan Olsdal, désormais brun et les cheveux rasés sur les côtés.

Ici et là on entend le public chanter, crier, applaudir dans la douceur du soir. Pas de doute, le concert du jour se joue sur la scène OLM. Comme un bon vieux diesel, avec Brian Molko, si le démarrage est laborieux, c'est pour mieux monter dans les tours et tenir la distance. Et quel parcours puisque le show a duré 1h30. Les chansons s'enchaînent entrecoupées de quelques mots d'un Brian Moklo visiblement touché de jouer au Maroc. On a même droit à un beau "choukran" qui met la foule en délire. Le concert file dans une ambiance bon enfant, avec le murmure de la foule sur les titres phares du groupe.

Mais c'est sur le titre Special K que le public se réveille vraiment et s'enflamme. Les fans, les vrais, sont là et chantent le refrain à tue-tête. Placebo enchaîne avec Bitter End qui finit de mettre tout le monde d'accord avant de quitter la scène. Il faudra les cris et les appels du public pour faire revenir le groupe qui nous gratifie d'un rappel dont on se souviendra. Sur un plateau, Brian Molko et ses sbires nous servent les titres Running Up That Hill (reprise de Kate Bush), One of a Kind, Post Blue et Infrared.

La fin du concert a sonné. Avant de partir, Stefan Olsdal remercie le public pour son accueil et ce moment très spécial. Il espère pouvoir revenir "tôt" au lieu de bientôt et on sent bien qu'il est ému. Comme à son habitude, le bassiste de Placebo a fini le show torse nu et pendant tout le concert, impossible de rater le grand "489" écrit au feutre qui lui traverse la poitrine. Ce nombre mystérieux correspond à l'article 489 du Code pénal marocain qui punit les "les actes licencieux ou contre nature avec un individu du même sexe". En clair, l'homosexualité est interdite au Maroc, or Placebo se définit par un chanteur bi et un bassiste gay. Stefan Olsdal a d'ailleurs pris grand soin, en plus de son tatouage éphémère et engagé, de bien mettre en évidence sa basse aux couleurs du rainbow flag. Si politique et musique ne font pas toujours bon ménage, tout le monde a su ce soir faire preuve de sagesse et d'ouverture d'esprit pour faire de ce concert un moment magique.

Demain, le festival Mawazine accueille notamment Akon et Yannick Noah. Découvrez plus d'infos sur le Festival Mawazine et son président Mohamed Mounir El Majidi sur le site internet du festival.

Live report sur place par Nadine Dupervil