A 36 ans, et déjà 22 ans de pratique de la boxe thaï derrière lui, Patrice Quarteron est devenu l’une des légendes d’un sport encore méconnu du grand public, la boxe thaï. Fier, indépendant, un brin roublard et très à l’aise avec les médias et la caméra, le colosse français n’a pas toujours eu cette silhouette impressionnante : plus jeune, il souffrait d’un physique malingre qui faisait de lui une proie idéale pour ses camarades. Le "muay-thaï" lui a offert ce corps en acier, une confiance qu’il ne se soupçonnait pas, et un vrai désir d’indépendance. Patriote dans l’âme, il a déclaré sa haine du terrorisme dès janvier 2015 en rejoignant les rangs des "Je suis Charlie" malgré les critiques assénées par son milieu. Peu lui importe : Patrice Quarteron n’a aucune peur de mener les combats qu’il estime justes, sur le ring, les réseaux sociaux, ou ailleurs.

C’est un vrai showman

Surnommé "le colosse facétieux" dans un article du Monde du 10 décembre dernier, Patrice Quarteron possède un talent indéniable pour le spectacle. Mi-boxeur, mi-star du catch, il s’amuse à déstabiliser ses adversaires en adoptant toutes sortes de déguisements, allant même jusqu’à perturber certains matchs. Récemment, le champion a accueilli son prochain adversaire, le bosnien Dzevad Poturak, à l’aéroport, et s’était déguisé pour l’occasion en policier américain ! Bref, un match avec Patrice Quarteron s’annonce toujours haut en couleurs, et pas seulement à cause de la violence des coups !

Il est apparu dans plusieurs films

Avec son physique spectaculaire et son goût pour la comédie, Patrice Quarteron n’a pas tardé à être sollicité par le cinéma français. Il a ainsi fait des apparitions dans Les Kaïras et Les Portes du soleil : Algérie pour toujours, avec Lorie. Il a également tourné dans deux publicités pour L'Oréal. Étonnant, non ?

C’est le roi du K.O.

Au cas où vous auriez encore un doute, Patrice Quarteron mérite amplement son titre de champion et sa réputation de légende du muay-thaï (boxe thaï en français) ! La preuve avec l’un de ses K.O. les plus mémorables, infligé au polonais Marcin Rozalski en février 2015. Alors que ce dernier était donné gagnant en vertu de ces 80 combats professionnels (contre seulement 25 pour le "Rônin sombre"), Patrice Quarteron lui inflige une impressionnante série de coups de genou en pleine figure. A la 3e reprise, le Polonais tombe K.O., avec une belle fracture du crâne en prime !

Faut pas l’énerver

Demandez un peu à Badr Hari, le champion marocain, ce qu’il en pense ! Ce dernier avait annulé un combat l’opposant à Patrice Quarteron qui devait se dérouler à Dubaï en octobre 2014. Franchement agacé par ce changement de programme, le combattant français n’a pas hésité à sortir ses 4 vérités au sujet de son rival dans une interview accordée à la chaîne Télé Sud en novembre de la même année. Il a notamment affirmé que Badr Hari avait eu peur de lui, et l’a copieusement insulté à l’antenne, l’accusant notamment de racisme, de communautarisme, et d’un sérieux penchant pour l’alcool…

Samouraï sans maître

Pourquoi Patrice Quarteron est-il surnommé le "Rônin sombre" ? Parce que, à l’image de ses samouraïs refusant de prêter allégeance à un seigneur, il a choisi d’être libre, c’est-à-dire de promouvoir lui-même ses propres combats, et de travailler sans entraîneur. Une décision qui s’est imposée à lui par désir de s’émanciper du milieu très fermé et opaque de la boxe thaï. "La boxe est un milieu extrêmement communautaire. Tu as le champion des Blancs, celui des Noirs et celui des Arabes. Le communautarisme, ça ne me plaît pas plus dans la boxe qu’ailleurs", explique-t-il dans une interview pour Le Monde.

Ecrit par Lauren Mézière