Avant son passage dansLe Grand Journal diffusé sur Canal + le 27 août,  le chanteur belge Stomae a accordé une interview au journal MetroNews.

A l'été 2010, il s'était fait connaître en enflammant les dancefloors du monde entier avec sa chanson Alors on danse. En 2013, il réitère l'exploit avec ses deux titres Papaoutai et Formidable, deux titres aux paroles pleines de sens. Sorti le 19 août 2013, son nouvel album Racine Carré est promis au même succès que son premier album. Il est déjà classé numéro un des ventes avec plus de 80 000 exemplaires vendus. En plus de ces deux premiers singles qui cartonnent, Stromae s'est également associé à Maître Gims, qui reconnait son immense succès, et au rappeur Orelsan sur le titre AVF, un cri rebelle sur un rythme endiablé dont le refrain Allez Vous Faire reste marqué dans les esprits ! Le jeune chanteur de 28 ans se confie sur son succès.

La grosse tête, très peu pour lui !

Le dernier album de Stromae est sorti le 19 août dernier et en à peine 10 jours, il s'est déjà écoulé à plus de 80 000 exemplaires ! Mais face à ce succès, contrairement à beaucoup d'autres, le chanteur belge ne prend pas la grosse tête ! Il explique : "C'est cool, bien sûr, on sent un engouement. Mais les ventes, c'est avant tout un soutien. Etre en tête la première semaine, ça ne veut rien dire. C'est un délire venu des Etats-Unis. L'important c'est de voir comment l'album va vieillir. Le côté business c'est une chose, cela fait partie d'un tout, qui est une démarche artistique. C'est un moyen. J'ai juste envie d'être sain dans ma tête et sincère avec le public. La célébrité est un moyen."

Une musique entraînante et engagée

Lorsqu'on écoute les titres les plus emblématiques de Stromae, on se rend bien compte que derrière des rythmes entraînants se cachent des textes engagés. S'il sait bien que beaucoup de personnes ne prennent pas forcément le temps d'écouter ses paroles, Stromae lui, est convaincu par les textes qu'il écrit et y met tout son cœur. Stromae explique qu'il ne fait "pas de la musique pour les intellos ou pour les clubs". Pour lui, "le groove c'est hyper important". Très cash dans ses paroles, il ajoute : "Je ne te demande pas t'écouter les textes si t'as pas envie de les écouter. Je te demande juste de me dire si t'aimes ou pas. Le reste, c'est de la masturbation intellectuelle."

La musique du jeune homme est universelle, aussi bien écoutée par de jeunes adultes que par des quarantenaires, mais aussi par les plus jeunes. Et lorsqu'on lui demande s'il pense que les enfants comprennent les paroles et la gravité du single Papaoutai, il répond : "Je ne suis pas sûr qu'ils ne comprennent pas. On essaie toujours de dramatiser le fait de demander où est son père. Ça n'a rien de grave, ce n'est pas méchant. Le refrain est entraînant ? Et alors ? C'est ce côté là, enfantin, que l'on a perdu avec l'âge. Ce ne sont pas des choses noires, c'est la mélancolie. C'est ce qui fait ce que l'on est et c'est pour ça que l'on est beau. C'est ça que j'ai envie de garder de l'enfance. Ce n'est pas à nous de dire aux enfants ce qu'ils ont vécu de dur. C'est à eux de le décider."

Le style étonnant de Stromae

Stromae c'est aussi un style unique. Pantalons chinos, vestes à carreaux, bretelles et chemises, le look de Stromae n'est pas passe partout, mais le caractérise à merveille. Et lorsqu'on insinue que c'est un geste commercial, Stromae répond : "Que ce soit bien vu ou mal vu, tant pis. Mais ça me correspond. C'est une envie et une conviction. L'objectif n'est pas de vendre mais de créer. C'est de la minutie et du perfectionnisme avant d'être un business." Il ajoute : "Je suis désolé, je ne suis pas plus commercial que n'importe quel mec dont on connait le nom. Commercial ça veut dire quoi ? Non, je n'ai pas envie de vendre un t-shirt avec écrit 'Stromae' dessus 40 fois son prix pour faire du pognon. Non! J'essaie de défendre un projet et dire aux gens je ne me fous pas de votre gueule. Je travaille avec des graphistes et des stylistes depuis un an. Je suis un artisan. Je suis comme un boulanger trois étoiles qui a envie de faire le meilleur pain. J'ai envie de faire les choses avec minutie."

Stromae, un artisan de la musique

On se demande comment ces textes profonds et inspirés viennent à l'esprit de Stromae. Dans cette interview, il explique qu'il s'inspire des gens qui l'entourent, de ce qu'il voit : "C'est de la caricature. Ce sont des personnages. Je me mets 'à la place de'. C'est un peu de la schizophrénie. Je travaille comme un réalisateur, un scénariste ou un photographe."

Brel 2.0

Le surnom de Brel 2.0 a déjà utilisé pour qualifier le jeune homme. En plus d'être tous les deux originaires de Belgique, les deux chanteurs partagent cet aspect noir et sombre de leurs textes. Pour Stromae, "C'est un super beau compliment. Mais on ne compare deux albums avec une carrière, deux musiques, deux époques... On fait le rapprochement parce qu'il est Belge. Mais vous savez, il faisait partie d'une école qui avait cette façon de fonctionner : 'je joue et je défends un personnage'. Notre métier c'est un peu faire l'acteur (...) Même si je le fais avec passion, c'est un métier." En plus de ce monument de la chanson française, Stromae s'inspire de Cesária Évora, la "Diva aux pied nus" qui chantait l'amour de sa patrie, le Cap Vert. L'émouvante chanson Ave Cesaria est d'ailleurs un hommage à cette grande dame qu'il avoue avoir eu la chance de rencontrer.

Belge et fier de l'être !

Si les Belges sont souvent acteurs des blagues françaises, Stromae lui, porte son pays dans son cœur. Et plus particulièrement sa langue, le français. Il fait partie de ce club très fermé des chanteurs francophones qui s'exportent dans le monde entier. Lorsqu'on lui dit que ses chansons sont reprises dans les cours de récrés allemandes, il exprime tout l'amour qu'il porte à sa langue : "Arrêtons de croire qu'il n'y a que l'anglais. Le français est une langue qui sonne aussi bien. C'est ma culture, je la défends. Je suis un Belge qui a grandi avec la langue française, un peu de flamand et tout mon belgicisme. Les gens n'ont pas envie de voir un Belge qui se prend pour un Américain."

Merci

Sur Racine Carrée, le titre Merci figure en douzième position. Il confie que ce merci est adressé "A vous, à tout le monde. A tous les autres que moi."