Le 23 mars nous avons rencontré Superbus. Le groupe emmené par Jennifer Ayache s'est retrouvé après une pause d'environ 3 ans et a clairement la pêche. Leur nouvel album au son très léché sort le 3 juin. Superbus nous a parlé de #Superbus2016.

Staragora : Qu'est-ce qui vous a donné envie de vous retrouver pour faire de la musique ?

Superbus : L'amas de chansons qui est arrivé pendant cette petite pause et le fait que l'on se manque et que l'on a envie de repartir en concert et de refaire des tournées. On peut s'arrêter pour respirer 3 petites années, mais l'envie était là. C'était une pause normale.

Staragora : Quand on se lance en solo et qu'on retrouve son groupe, qu'est-ce qui change ? Qu'avez-vous appris ?

Jennifer Ayache : Y'a plein de choses qu'on apprend quand on fait une aventure séparément. C'est une autre manière de faire du coup on est content de retrouver ses copains et de repartir sur de nouvelles bases

Patrice Focone : Au bout de 17 ans c'est important de se diversifier un peu et d'aller faire de la musique avec d'autres gens.

Staragora : Quelle est la différence entre cet album et les autres ? Le single Strong and Beautiful est très pop dans le bon sens du terme, il y a une atmosphère différente.

Jennifer Ayache : C'est le titre le plus proche de ce qu'on a pu faire par le passé. Sur l'album il y a des choses différentes, assez nouvelles qu'on avait pas encore essayées.C'est un vrai mix de ce que j'ai pu faire toute seule et de nos influences à chacun.

Staragora : Quelles sont justement vos influences ?

J. A :  Y'a eu beaucoup de musique électronique, du rock, les Black Keys, The Naked and Famous [un groupe néo-zélandais, ndlr], The XX qu'on mélange avec notre côté pop mainstream et ça rend Superbus plus 2016.

Staragora : Justement je trouve l'album très actuel.

J.A : C'est le but, c'est normal on avance et on écoute d'autres trucs. C'est le 6e album, on a besoin de faire de nouvelles choses.

Staragora : Quel genre de public vous visez ?

J.A : On vise des gens comme nous, que ça va toucher donc qui se retrouvent dans ce qu'on fait.

Patrice Focone : On est assez ouvert. On vise tous ceux qui aimeront, y'a pas de cible.

Staragora : Vous écrivez vos textes, est-ce que vous êtes influencés par l'actualité.

J. A : Il y a un titre. Je le dis de manière imagée, poétique, mais le titre Run a été écrit juste après juste après qu'il se soit passé des choses atroces au Bataclan et partout. Ça m'a tellement touché que ça a fait une chanson sur un disque, mais on n'est pas un groupe politisé ni engagé. Je m'exprime de manière très pop avec des phrases jolies, avec des sens cachés. Ce titre est parti de là.

Staragora : Et vous êtes restés à Paris pour la production ? Vous avez une sonorité anglaise, anglo-saxonne.

J.A : On est resté à Paris, on a tous des familles, etc. On avait envie de rester proche de chez nous pour ce disque. On l'a fait sur une longue période, sur plusieurs mois par petites touches. On est resté à Paris, et on a fait ça avec Gaspard Murphy qui est un jeune ingénieur du son et réal qui nous a filé un coup de main. Il était assistant de Tony Maserati qui est un grand mixeur américain qui a travaillé avec Beyonce, Lady Gaga et plein d'autres. Il [Gaspard Murphy, ndlr] a été formé par lui et il a fraîcheur et la fougue d'un mec de 23 ans.

Staragora : On sent la touche américaine sur votre album justement. Le single fait penser à Pink par exemple.

J.A : On adore Pink.

P.F : C'est une bonne référence pour nous Pink.

Staragora : Ça se sent sans que ce soit copié.

P. F : Elle a ce côté côté très "poppy", très accessible, frais, sans tomber dans du plus putassier à la Aguilera ou ce genre de trucs et ça reste rock'n'roll. Elle fait de la pop mais elle a cette attitude rock'n'roll.

Staragora : Le single Strong and Beautiful donne envie d'écouter le reste de l'album. Dans votre démarche d'enregistrement et de production qu'il y a-t-il de différent avec les précédents ? Il y a-t-il un enjeu qui vient avec votre reformation ?

J.A : On a changé de maison de disque ça nous a donné un second souffle. On avait envie de moderniser ce qu'on faisait. Prendre nos influences et les mélanger avec tout ce qu'on écoute maintenant. Notre but était de faire un album de maintenant avec ce qu'on a pu être.

F.A : L'enjeu c'était d'enregistrer un album sans penser aux enjeux. Avant on se prenait la tête sur le moindre petit élément musical ou phase d'enregistrement. Là on a essayé d'être beaucoup plus relax, plus ouverts, plus simples.

Staragora : Ça se sent vraiment cette envie de faire ce qui vous plaît. Même dans la lyrics video qui rappelle Mondrian.

P.F : Ça aussi s'est venu très vite, cette idée de couleurs. C'était important pour nous de ne pas avoir le poids de notre aventure passé qui vient écraser notre production actuelle.

J.A : C'est assez fluide là. On se dit qu'on y va, c'est nous. On prend nos influences et on fonce.

Staragora : Si votre album devait être la BO d'un film ?

Superbus : Kung Fu panda 3 (rires). Nan plus sérieusement une BO d'un film qui parle de la vie quotidienne, comme la série Girls. Orange is the New Black. Plus une série qu'un film en fait.

Staragora : Comment vous préparez-vous pour la tournée d'octobre ? Vous êtes stressés ?

P.F : De la même manière que pour l'album, oui il y a une appréhension et oui il y a des enjeux, mais on essaie de ne pas y penser.

J.A : La tournée je l'envisage de comme du sport, enfin c'est un moment qui doit être plus animal. C'est plus physique. C'est comme ça que je l'appréhende. Je me dis qu'il faut qu'on soit bons et qu'on fasse passer un moment agréable aux gens. Ça se prépare physiquement.

Staragora : Vous suivez un entraînement spécial ?

J.A : Moi je m'entraîne avant les tournées. Mais c'est pas au niveau de Madonna non plus [Jennifer Ayache a eu son coach selon Patrice Focone, ndlr].Il faut se préparer un petit peu.

Staragora : Quel genre de préparation par exemple ?

J.A : On répète beaucoup. Il faut choisir les bons titres, la bonne setlist, faire des essais, penser à ce qu'on va mettre sur scène. Des vidéos, des lumières, tout ça.

P.F : On réfléchit à quel titre sera réarrangé. On joue depuis longtemps, il faut en revisiter certains, mais pas tous.

J.A : Quand je vais voir des concerts j'aime bien la retrouver comme je l'aime. Comme je la connais. Je ne suis pas vraiment fan des groupes et artistes qui réinventent et qui réorchestrent tout à chaque tournée.

François-Xavier Even : Souvent on réaménage des parties dans le morceau. On les rallonge à certains endroits, mais on garde la structure du morceau.

Staragora : Qu'est-ce que vous diriez à quelqu'un qui ne vous a jamais vu en concert, qui a jamais écouté ou qui vous connait pas ?

J.A : En live on est beaucoup plus rentre dedans que sur disque, en général c'est quand même bien la fête.

J.F : Si t'es une fille écoute tu vas adorer Jen. Si t'es un mec viens nous voir en concert après tu kifferas. Et viens avec ta meuf. Ou écoute ta copine quand elle te dit viens nous voir en concert.

Staragora : Vous pensez avoir un public plus féminin ?

J.A : Y'a vraiment de tout.

P.F : C'est kif-kif. Peut-être un petit plus de meufs. Un chouya.

Le nouvel album de Superbus sort le 3 juin et la tournée débute à l'automne, au mois d'octobre. Retrouvez toute l'actu de Superbus sur leur site officiel et leur Twitter.

Propos recueillis par Nadine Dupervil