Les révélations de Closer sur Florian Philippot relancent le débat sur le problème de l’outing, c’est-à-dire le fait de dévoiler l’homosexualité d’une personne sans son consentement, que l'info soit vraie ou fausse. Plusieurs personnalités politiques ont été victimes de ce genre de procédé, souvent afin de montrer une divergence entre la vie privée et les propos publics de ces personnes. Retour sur ces outings forcés.

Jean-Luc Romero

C’est l’un des outings les plus célèbres, car Jean-Luc Romero est le premier Français à avoir obtenu réparation pour divulgation de ses préférences sexuelles. C'est un magazine gay gratuit, E-M@le, qui avait outé l’homme politique appartenant alors au parti du RPR, en 2000. Jean-Luc Romero se souvient de cette période difficile : "J’ai été dans une situation très compliquée, étant fondateur de l’association des Elus Locaux Contre le Sida et impliqué dans des combats pour la cause homosexuelle comme la gay pride. J’ai perdu sur tous les plans : la communauté homosexuelle m’a considéré comme un "pédé honteux" et le parti duquel j’étais membre – le RPR – ne m’a témoigné aucun soutien." E-M@le avait été condamné à verser 3 000€ à Jean-Luc Romero.

Geoffroy Didier

En 2013, Stéphane Bern est invité sur le plateau de Salut les Terriens ! en compagnie de Geoffroy Didier, alors secrétaire national de l’UMP. L’animateur de France 2 laisse alors entendre que  Geoffroy Didier est gay, mais n’assume pas sa sexualité. Le secrétaire de l’UMP avait par la suite parlé sur Twitter de "propos mensongers et choquants". Stéphane Bern avait quant à lui affirmé qu’il ne s’agissait pas d’un outing, mais d’une simple plaisanterie. Toujours est-il que la rumeur est lancée et persiste.

David-Xavier Weiss

En 2011, David-Xavier Weiss, alors secrétaire national de l’UMP, attaque en justice Le Canard Enchaîné. Le journal avait en effet cité Roger Karoutchi, alors Secrétaire d’Etat chargé des relations avec le Parlement, qui présentait David-Xavier Weiss comme son "compagnon depuis 7 ans". "Mes parents n’étaient pas au courant et j’ai dû les prévenir avant la publication du journal, dans la précipitation", avait réagi le secrétaire de l’UMP sur le site Yagg, un site d'actu qui s'adresse notamment à la communauté gay, lesbienne, bi etc. Il ajoutait : "Je n’avais pas du tout envie que ça se passe comme ça." Les outings peuvent donc avoir des conséquences très lourdes sur les personnes concernées.

Franck Riester

Contrairement aux autres hommes politiques, Franck Riester, député-maire UMP de Coulommiers en Seine-et-Marne, n'a pas subi d'outing, mais a pris l'initiative de révéler son homosexualité en signe de protestation, dans le journal Le Pays Briard. Il déclarait alors : "Il semblerait que ces allusions m'étaient destinées et cherchaient à m'atteindre. Si c'est le cas, c'est raté car mon homosexualité n'est pas un secret. Je partage ma vie avec mon ami depuis longtemps. Pour autant, je n'ai jamais fait étalage de ma vie privée et continuerai à agir de la même manière". Cette phrase était une réponse à un opposant socialiste qui avait jugé bond e faire de l'humour lors d'un conseil municipal le 28 novembre 2014. Il avait balancé en évoquant la "couverture mixte" d'un terrain de sport : "si la couverture est mixte, il ne faudrait pas être gay".