Diam's était attendue au tournant ! Sa dernière interview dans Sept à Huit sur TF1 était diffusée en 2013 et avait beaucoup fait parler d'elle. Aujourd'hui, dimanche 24 mai 2015, la rappeuse, qu'il faut désormais appeler simplement Mélanie, revient sur les attentats de Charlie Hebdo, mais aussi sur la naissance de son second enfant, Abraham, après son divorce. Sa nouvelle vie, elle la raconte dans son nouveau livre Mélanie, française et musulmane aux éditions Don Quichotte. Aussi honnête, touchante et drôle que pour sa première interview, elle a répondu sans détour aux questions de Thierry Demaizière.

"J'ai vécu les attentats de plein fouet"

Mélanie commence son interview en revenant sur les attentats de Charlie Hebdo et explique avoir "condamné de toutes mes forces ce qui était en train de se passer devant mon écran" soulignant "Ce n'est pas l'Islam : le Coran le dit, quiconque tue un innocent tue l'humanité toute entière. Aujourd'hui nous sommes réduits à quelques fous, égarés qui eux tuent, sont des barbares". Pourtant, elle a refusé de descendre dans la rue car d'autres questions étaient abordées : "Je pense au blasphème, au positions sexuelles outrancières du Prophète, du Pape qui sodomise un enfant... on peut faire passer des messages sans blesser l'autre."

Dans la rue, Diam's fait "profil bas"

Elle explique également que "depuis janvier je fais profil bas, je fais plus attention quand je sors malheureusement. Un jour une dame m'a dit 'Belphégor rentre chez toi' or... je suis Française". Elle déplore les clichés que certaines personnes ont en tête : "On voudrait nous faire passer pour des gens qui brandissent une pancarte "je suis musulmane" au contraire, je supplie Dieu qu'il ne m'arrive rien, je fais profil bas."

"Je suis une femme comme les autres"

L'ex-rappeuse défend sa féminité et revendique son droit à porter le voile : "Je défends la liberté d'être moi-même, d'être libre de mes choix et de mon corps. En venant ici j'ai vu une fille aux cheveux roses, un garçon tout en vert... on ne leur demande pas de comptes !" La notion du féminisme ? Elle est relative. Si "être féministe veut dire condamner les injustices et les inégalités entre les hommes et les femmes, alors évidemment" elle l'est. Mais elle précise néanmoins : "Si être féministe c'est obliger une femme à enlever son voile alors non, je ne suis pas féministe. Porter le niqab, ça n'a rien à voir avec les hommes, c'est mon rapport avec Dieu." Elle précise également être une femme comme les autres, aimer la mode, certaines marques et les sacs à main. Et c'est parce qu'elle n'est pas soumise qu'elle a également tenu à ce qu'on sache qu'elle est divorcée, après s'être aperçue que beaucoup étaient étonnées qu'une musulmane divorce...

Ne l'appelez plus "Diam's"

Aujourd'hui Mélanie est heureuse, épanouie et confie : "Quand je pense à ce que Jacob, Joseph ou Jesus ont subi, je me dis que moi à côté, c'est rien du tou. La foi m'a aidée à voir le verre à moitié plein." Pourtant se convertir à l'islam n'a pas été facile pour ses proches, notamment sa mère : "Ma mère m'a acclamée sur scène, puis elle m'a vue dans un hopital psychiatrique à demander la mort, puis elle me retrouve voilée mais lynchée... ça a été très dur pour elle". Aujourd'hui apaisée, Mélanie a tiré un trait définitif sur Diam's : "J'assume pas, j'étais vulgaire, je ne suis plus cette femme là, je ne suis plus en colère."