Claude Chabrol : mort de rire !

Le 13/09/2010 à 11:44

Claude Chabrol était réputé pour son sens de l'humour. Subtil et corrosif, il aimait à lâcher des sentences définitives, dans la vie comme dans ses films. Florilège.

Le cinéaste Claude Chabrol, mort dimanche 12 septembre, savait distiller de sa voix sourde les plaisanteries les plus amusantes. Ses blagues, racontées entre deux volutes de pipe, étaient très appréciées par ses amis. Mais sous la rigolade se cachaient des trésors de sagesse.

Ainsi, il avait résumé de la sorte sa grande lucidité face au travail de cinéaste : "On a le droit de faire des navets à condition qu'on sache que ce sont des navets. Quand on est persuadé que ce sont des chefs d'œuvre, là, ça devient grave".

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Sur le sujet principal de ses films, la bourgeoisie compassée, il analysait : «Ce qui m'intéressait avant chez les bourgeois, c'est qu'ils se fabriquaient des problèmes de cul car ils n'avaient pas de problèmes de fric. Aujourd'hui, ils ne pensent plus qu'au fric.» Phrase à rapprocher de cette réplique de son film Docteur Popaul avec Belmondo : «J'en ai assez d'être aimé pour moi-même, j'aimerais être aimé pour mon argent.»

Bon connaisseur de la nature humaine, Chabrol avait sa thèse : "La bêtise est infiniment plus fascinante que l'intelligence... L'intelligence a des limites, la bêtise n'en a pas. » ”

Comme Orson Welles ou Alfred Hitchcock, il avait également sa petite idée sur un vaste sujet, la mal : «La perversité, c’est l’art de transformer le bien en mal.»

Claude Chabrol avait un regard circonstancié sur la modernité, à preuve cette charge courte mais efficace : «Nous sommes dans une société où les pizzas arrivent plus vite que la police.»

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Au delà du cinéaste de talent, restera le souvenir d'un moraliste dilettante sans prétention, qui aura finalement, grâce à sa nature généreuse et à sa finesse, bienheureusement raté son l'un de ses buts : «Je n'avais qu'une seule crainte, avec ces pensées, c'était de paraître sympathique.»

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