Pas d'hésitations, on fonce au cinéma ! Aujourd'hui, mercredi 6 janvier, c'est la sortie du film dramatique Arrêtez-moi là. Adapté du best-seller éponyme de l'américain Iain Levison, (lui même inspiré d'un fait divers) donne laréplique aux acteurs Reda Kateb et Léa Drucker. Cette réalisation de Gilles Bannier tient en haleine et captive.

Le topo en quelques lignes

Détresse d'un homme innocent et chauffeur de taxi nommé Samson, que l'on entraîne dans un tourbillon pour l'obliger à parler. Accusé d'avoir kidnappé une enfant, il ne cessera de clamer à la justice son irresponsabilité quant à l'accusation dont il fait face et surtout son ignorance sur l'affaire. Exposition filmographique d'une erreur de justice et de manière générale, tableau des failles policières. Mais avant toute chose, le réalisateur soutient qu' "il s'agit de l'histoire d'un homme à la première personne du singulier".

Un drame d'exception

La montée de l'angoisse est retranscrite avec un réalisme bluffant. Reda Kateb est tout simplement parfait dans ce rôlequ'il semble vivre de tout son être. Un drame qui imprègne et secoue par sa brutalité et sa douceur scénaristique : subtil mélange entre poésie et provocation. Avec une caméra perpétuellement en mouvement, donnant vie au personnage principal, le long-métrage est délicieusement oppressant. Une perle enrichissant davantage la diversité du septième art.

Et pour les personnes qui ne seraient pas convaincues, voici cinq raisons de céder à l'appel cinématographique du jour :

1) Pour sa touche humoristique

Au programme frissons et sourires. Malgré le sujet lourd, la mise en scène apporte un soupçon d'humour, juste ce qu'il faut pour ne pas durcir le drame tout en conservant sa crédibilité. A travers la ridiculisation des responsables au sein du monde judiciaire, le spectateur se laisse ainsi emporter par les réparties et la gestuelle caractérisant le jeud'acteur de plusieurs personnages du monde judiciaire, majoritairement antipathiques. Ajouter de la légèreté à un thème lourd, le long-métrage réussit à le faire avec virtuose.

2) Pour sa part de psychologie

Comment tourner la page après une telle tragédie, le vol de son identité, d'un morceau de sa vie ? La reconstruction après le traumatisme, apprendre à pardonner à ceux qui nous ont tourné le dos dans les moments durs et à revivre normalement sont des sujets qui y sont également abordés. Une manière d'envisager la manière dont on peut reprendre goût à la vie quand on a été sali et que les relations avec nos proches ont été dissoutes à la suite de malentendus.

3) Pour le duo Reda Kateb / Léa Drucker

Gilles Bannier offre à Reda Kateb son plus grand rôle. Une interprétation poignante qui donne la chair de poule. Le choc qui laisse place à la peur, la colère puis la lassitude, Reda l’interprète avec un talent inné. A l'aise pour desrépliques fortes, mais aussi pour jouer des scènes calmes, Reda donne tout dans ce rôle : Surprenant ! De l'autre côté, Léa Drucker éveille une sensibilité touchante. Un compromis entre deux visions artistiques qui s'harmonisent parfaitement.

4) Pour entrer dans l'univers de Gilles Bannier

Qui est le réalisateur à l'origine de cette adaptation ? Pour le savoir quoi de mieux que de découvrir ses talents decinéaste en visionnant ce film. Avec sa représentation artistique capable de faire surgir des émotions violentes comme la haine ou la compassion, le temps d' 1 heure 34 que l'on ne voit pas passer soit dit en passant. Par le passé, il a encadré les tournages d'une grande partie de la première saison de la série Engrenage et des deux premièressaisons de Reporters. Le ton est donné, Gilles maîtrise le domaine policier.

5) Pour le décor réaliste

La majorité des scènes en prison ont été filmées dans une vraie. Malgré la dureté avec laquelle a été confrontéel'équipe du film pour l'attribution des autorisations et concernant les conditions de tournage (à cause de la surpopulation de ces établissements), le jeu en valait bien la chandelle ! Gilles Bannier souhaitait ainsi montrer àl'écran avec le maximum de justesse (et c'est réussi) la vie en incarcération. Les détenus en cellules (dont les apparitions furent brèves mais symboliques) et les surveillants ont donc fait partie du casting.

En Bonus, notons que pour les lecteurs d'un jour, l'avantage est de pouvoir parler d'un livre qu'on n'a pas lu ! Voilà qui va faire sensation dans les dîners mondains...

Par Nina Siahpoush-Royoux

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