On n'aura jamais autant parlé de lui. Jo le Phénomène, plus connu désormais sous le diminutif de Jo le Phéno, rappeur originaire du XXe arrondissement de Paris, et plus précisément du quartier des Amandiers surnommé "la Banane", défraie la chronique.

Un clip qui dérange

Le 17 août dernier, Jo le Phéno a sorti son nouveau clip sur Youtube et les plateformes d'écoute. Baptisé "La Bavure", ce titre entend dénoncer les violences policières, mais pas que : tout au long de son clip, le chanteur appelle clairement son public à "fumer" et à "plomber" la police. "Trop, c'est trop !" répondent les syndicats policiers, bientôt rejoints par Bernard Cazeneuve, ministre de l'Intérieur, qui a porté plainte 16 septembre à la suite des multiples alertes lancées par les différents syndicats des membres des forces de l'ordre. Sur Facebook, de son côté, Jo le Phéno revendique son droit à la liberté d'expression et sa volonté de mettre fin à une injustice.

Les syndicats policiers outrés par le clip de haine anti-flics de Jo le Phéno

Le clip est sur Youtube depuis août dernier, mais il semblerait que les syndicats de la police ne l'aient découvert que récemment. Jeudi 15 septembre, les représentants syndicaux des policiers appelaient à l'intervention de Bernard Cazeneuve pour obtenir la suppression du clip "La Bavure" des plateformes vidéos d'Internet. "Où sont les condés? On va les taper", "Les condés, c'est des petits cons qui méritent de se faire plomber", peut-on entendre dans le clip de Jo le Phéno, que l'on voit également cracher sur des véhicules de la police. Ces paroles et ces gestes explicites s'accompagnent d'images de policiers diffusées sans leur permission. "C'est un amalgame de haine, d'images violentes, il y a surtout des appels à commettre des meurtres, à tuer des policiers", a déclaré Christophe Rouget, du syndicat des cadres de la sécurité intérieure CFDT au micro de BFMTV. Quelques mois après le meurtre de 2 policiers à Magnanville, la police est plus que jamais décidée à obtenir le soutien de la justice pour mettre fin aux œuvres de "pseudo-rappeurs" qui, toujours selon M. Rouget, entérinent la propagande de DAECH.

Jo le Phéno oppose son droit à la révolte

Dans un long message Facebook posté le 16 septembre, Jo le Phéno se défend d'avoir diffusé un clip qui ne serait qu'anti-flic. Il serait également un moyen pour le rappeur de dénoncer les violences policières à l'encontre d'une "minorité qui n'en peut plus d'être stigmatisée chaque jour". Comparant son clip au geste du quaterback américain Colin Kaeparnick, qui a refusé de se lever pendant l'hymne américain en signe de protestation contre les bavures policières aux Etats-Unis et a ainsi provoqué une vive polémique, le rappeur parisien en appelle à sa liberté d'expression : "Chacun à sa manière de se faire entendre et "Bavure" est la mienne." Le rappeur a également lancé le hashtag #SoutienAJoLePheno, précisant que la suppression de sa vidéo ne l'empêcherait pas de poursuivre son combat contre ce qu'il appelle carrément une injustice.

Pour l'instant, Jo le Phéno est mis KO puisque son clip n'est plus accessible sur Youtube; Il avait pourtant dépassé les 100 000 vues...