Ce week-end, on assiste au festival We Love Green, qui investit pendant 2 jours (les 4 et 5 juin) le bois de Vincennes avec les groupes Minuit, Hot Chip, Air, Savages ou les artistes PJ Harvey, James Blake et Diplo.

Echauffement avec Minuit, Girl Band et le rap de PNL

Au vu des conditions climatiques de ces derniers jours en Ile-de-France, dire qu'on avait quelques appréhensions à l'idée de se rendre à We Love Green est un euphémisme. Cette année, le festival a quitté le cadre idyllique de Bagatelle pour investir le bois de Vincennes. Plus grand, certes, mais surtout plus boueux. Sur le site internet de l'événement, le message est clair, munissez-vous de bottes ou de chaussures de randonnée, sans ça, on ne garantit pas que vous vous en sortiez. Une pensée à ceux qui pensaient frimer avec leurs blanches Stan Smith. Cette année c'est plutôt bottes de pluie Aigle qu'autre chose. D'ailleurs, le site a dû s'adapter et l'ouverture des portes du festival est repoussée à 14h au lieu de 12h. Le temps pour les tractopelles de charrier la boue et épandre de la paille dans les zones les plus boueuses. Une boue compacte, sombre, dans laquelle on s'enfonce, on piétine. Bon appétit bien sûr. 

Le 1er concert que l'on comptait voir est celui de l'Impératrice. Ce groupe aux accents disco, funk et aux paroles décalées, a malheureusement a été victime de la réorganisation express du festival et ne s'est donc pas produit sur la scène Clairière où il était vivement attendu. Sur son compte Facebook, le groupe explique : "Chers amis, pour des raisons techniques - en cause cette sacrée pluie tropicale - notre tant attendu concert à We Love Green est annulé. Toutes nos excuses à ceux qui étaient venus nous écouter, on se retrouvera sûrement au festival Days Off le 8 juillet <3

On croise FKJ, un homme et sa guitare et ses claviers et ses dreadlocks qui balance une electro peace & love. Place ensuite à Minuit sur la grande scène, aka la scène Prairie. On aurait pu dire qu'ils sont les dignes héritiers de Rita Mitsouko, s'il ne s'agissait pas des enfants de Catherine Ringer et Fred Chichin. Simone Ringer et Raoul Chichin ont eu la bonne idée de se mettre à la musique et forment ainsi Minuit avec leurs amis musiciens. Pantalon en skaï argent, pull blanc semi-transparent, Simone est la copie vocale de sa mère. Sa voix suave nous emmène dans des contrées revival très 80's et la musique nous fait bouger. On a droit aux titres Caféine, Flash et en prime une reprise de Personal Jesus de Depeche Mode. Bon moment.

On se dirige ensuite vers la Clairière pour le DJ set de Metronomy. Oui, oui, un DJ set, ceux qui pensaient assister à un concert tombent de haut. En même temps, il suffisait de lire le programme... Psychédélique, planant, ce DJ set est surtout plan-plan. Joseph aurait pu jouer de la pop bien grasse qu'il affectionne, du rap même, pourquoi pas, mais non. On n'a pas réussi à le suivre là où lui seul savait qu'il allait.

Retour donc sur la grande scène pour découvrir le groupe Girl Band. Ce groupe irlandais emmené par Dara Kiely (c'est un garçon, hein) nous offre du punk rock énervé et totalement débridé. Sur la scène, le blondinet donne de la voix, s'époumone au point de devenir tout rouge. Il est surmotivé malgré un public épars et pas très réceptif. Il faut dire que la qualité du son ne rend pas justice à ce groupe qui nous aura pourtant donné notre premier frisson du jour.

Difficile à croire, mais PNL qui joue ensuite fait salle comble (enfin terrain comble). C'est noir de monde jusqu'à l'entrée de la Prairie où le public est venu en nombre applaudir le phénomène rap venu du 91. Les deux frères débarquent en blanc sur scène, pantalon Adidas, pull Polo Sport Ralph Lauren, lunettes de soleil, cheveux gominés et pétards allumés sur scène, le ton est donné. Les gars de PNL arrivent en terrain conquis avec un public qui connait les paroles et qui est à fond. "Faites le Z", "Que la famille", sont les phrases de ralliement des fans qui ne se font pas prier. Mais que dire de PNL en fait ? Beaucoup d'autotune, beaucoup de réverbération, des paroles trash et un public parisien qui adhèrent à 100% aux propos de petits gars des Tarterêts (Corbeil-Essonnes) qui parlent argent, quartier et kilos. On a sans doute raté un truc, mais ça n'a pas collé avec nous. Plus Tony que Sosa, Que la famille, Dans la soucoupe...On assiste médusés à ce concert que d'aucuns diront qu'il était réussi, voir épique. Les chicos et les chicas du public ont été transportés Porte de Mesrine, on est restés les 2 pieds dans la boue en attendant que ça passe. 

La nuit est à nous

Toujours sur la scène Prairie, c'est au tour de Hot Chip. Le groupe réchauffe l'atmosphère, car il faut dire qu'il fait frisquet ce soir-là. Heureusement, grâce à la bande d'Alexis Taylor et Joe Goddard, on plane, on s'envole sur des rythmiques disco electro aériennes. On a presque envie de retirer nos bottes et de communier avec la nature, les pieds dans la boue façon Woodstock. On est presque sûrs que certains l'ont fait. Sur le titre Dancing in the Dark, le groupe se paie le luxe de faire venir ses enfants sur scène. On est hype ou on ne l'est pas.

Le clou de cette première journée a bien sûr été LCD Soudsystem. Séparé il y a 5 ans, le groupe s'est reformé pour le plus grand plaisir des fans qui ont assisté à un show frôlant la perfection. Normal puisque le groupe nous a offert une compilation de ses tubes, mieux que celle qu'on aurait pu se confectionner nous-mêmes et qu'on aurait jalousement conservée dans une boite marquée "À ouvrir en cas de sévère déprime". Daft Punk is Playing at My House, Tribulations, Losing My Edge, c'est la transe dans le public et le chanteur prend un malin plaisir à jouer avec les émotions de ceux qui sont restés jusqu'à l'acte final. Achevé à coup de New York I love You But You're Bringing Me Down, le public a droit à deux derniers titres et un dépassement en règle du temps imparti. Mais qui voulait quitter la chaleur de ce concert pour la froideur du métro ?

Rendez-vous demain pour de nouvelles aventures.