Rencontre avec Thylacine ! Ce petit prodige de l'electro a sorti son premier album Transsiberian en novembre 2015. Cet opus concept a été composé en seulement 15 jours à bord du...Transsibérien. Un web-documentaire retrace l'épopée de l'artiste de seulement 24 ans. En attendant, vous pouvez le découvrir en concert gratuit lors du Festival Fnac Live à Paris le jeudi 21 juillet 2016 !

Staragora : Parle-nous un peu de ton parcours !

Thylacine : J'ai commencé la musique à 5 ans au saxophone. Je suis passé par le Conservatoire, j'ai fait un peu d'orchestre. Au lycée je jouais dans des groupes de rock, ce que je n'écoute plus vraiment aujourd’hui (rires) j'ai fait pas mal de concerts avec ça c'était super ! Les Beaux Arts m'ont appris à faire quelque chose d'abouti et plus personnel. C'est comme ça que je me suis mis à la musique électronique alors que je n'en écoutais pas vraiment. Je vivais à Angers à l'époque c'était pas vraiment la plus grosse scène électro (rires) J'ai adoré la liberté que ça permettait : tu peux faire de la musique avec un logiciel cracké et un petit synthé en construisant un morceau de A à Z (rires).

Le saxo à 5 ans ? C'est étonnant comme choix...

Oui carrément. Je sais pas ce qui est passé par la tête d'un gosse de 5 ans pour demander à ses parents de faire du saxophone... Ça m'arrivait en dessous du genou. Mais je ne regrette pas ce choix, j'ai découvert l'improvisation via le jazz. J'en joue pendant mes concerts pour pouvoir partir en impro pendant 10 minutes en fermant les yeux. C'est hyper cool.

Passer d'un parcours "classique" au Conservatoire à l'électro, qui peut être snobée par certains musiciens, c'était facile ?

J'ai aimé l'électro pour la composition. J'ai jamais fait un DJ set de ma vie. Je sais pas mixer, ça m'intéresse pas trop mais je respecte ceux qui savent le faire. Je fais de la musique et... ça s'est révélé être de l'électro (sourire).

Comment tu organises tes lives ?

Je n'ai jamais de timeline. J'ai des sons enregistrés que j'active en live. Je construits la structure de mes morceaux en direct. C'est stressant mais je m'ennuie sinon. Quand je vois des lives où les mecs tournent pendant des mois avec la même chose... C'est chiant à mourir !

A quoi ressemble ton public ?

Il est plus vieux que moi. Sur des concerts à Paris il y a pas mal de quarantenaires ! C'est un truc dont je suis hyper fier parce que ce n'est pas un public qui s'intéresse à la mode. Il s'en fout de ça, il vient parce qu'il apprécie et c'est tout. C'est plus dans la durée. Après la majorité est trentenaire et c'est assez blanc... ça, ça me saoule. Je suis pas assez zouk love (rires).

Et plutôt filles ou garçons ?

Au départ tu penses qu'il y a plus de filles parce que c'est elles qui crient le plus (rires) mais sur Facebook j'ai les stats et il y a un petit peu plus d'hommes. Au début c'était hyper lesbien ! C'était trop bien (rires) Un premier rang de galochage de meufs c'était assez drôle.

Comment as-tu eu l'idée de composer ton album à bord du Transsibérien?

Ce projet est né d'une fascination pour les lieux où on compose ; ça imprègne la musique. Et j'ai remarqué qu'enfermé en studio, j'arrivais pas vraiment à me nourrir et à trouver l'inspiration. Quand j'ai découvert le Transsibérien, le train le plus long au monde, j'espérais seulement faire un 6 titres. Et ça c'est hyper bien passé dès le début, j'ai rencontré plein de gens qui m'ont inspiré.

Avec qui aimerais-tu faire un featuring ?

La chanteuse d'un groupe américain qui s'appelle Hundred Waters a une voix hyper belle. Mais j'aimerais aussi faire un featuring avec une castafiore ou Marilyn Manson (sourire) Après c'est aussi une question d'humain. Faut que j'accroche avec l'artiste.

Tu vis comment de passer d'Angers à la scène électro parisienne ?

Bah... je le vis pas trop. Je suis pas un mec qui sort beaucoup, je suis pas hyper fan de la nuit parisienne.

Pourtant ton métier c'est de faire la fête !

Mais je fais pas vraiment la fête sur mon temps libre... c'est chelou non ? Je fais ça tous les weekends et je m'éclate mais c'est d'autant plus compliqué de s'amuser à un concert d'un autre parce que tu épies tout ce qu'il fait. Je préfère être en petit comité avec des potes loin de tout.

Tu aurais une chanson pour tomber amoureux, déprimer et faire la fête ?

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Pour tomber amoureux, c'est pas hyper gay mais Clair de Lune de Flight Facilities. En mode dépression amoureuse The Great Gig in the Sky de Pink Floyd. Pour faire la fête un titre de M.O.P : Ante Up. T'es obligé de sauter en écoutant ça !