Une semaine de poutine, de verdure, d'accent québécois et surtout de musique pour la rédaction ! Nous nous sommes envolés pour le festival international de jazz de Montréal du 10 au 16 juillet 2016 pour découvrir de nombreux artistes aussi talentueux les uns que les autres. Plus de 2 millions de festivaliers ont pu assister à des spectacles gratuits sur 9 scènes extérieures et des concerts dingues dans dix salles en centre-ville. 3000 musiciens venant de 30 pays différents ont joué à ce festival de renommée mondiale. Retour sur nos coups de coeur de l'édition 2016.

La phrase entendue 

"Il s'est réveillé seulement pour son rappel non ?". Il est vrai que le show de Rufus Wainwright était techniquement parfait. Après nous avoir présenté son opéra Prima Donna, entièrement en français en première partie, Rufus Wainwright est monté sur scène le 3 juillet avec son orchestre philharmonique. Flamboyant, taquin est toujours aussi talentueux, il nous a offert un sans faute. Pourtant, il manquait l'émotion qui est pourtant si caractéristique de sa musique. Heureusement, il nous a subjugués grâce à Going To A Town : de l'émotion pure et brute qui a foudroyé la salle. Mention spéciale aussi pour sa reprise de Hallelujah en famille. Probablement les chansons que nous retiendrons le plus de ce festival.

L'énergie puissante de Jamie Cullum

LE concert à ne pas rater pour les Montréalais cette année, c'était sans aucun doute celui de Jamie Cullum ! Le pianiste et chanteur de talent s'est produit sur la place des arts lors d'un concert gratuit exceptionnel le 4 juillet. Le jazzman a assuré le show avec un orchestre de talent : surexcité, passant du clavier au micro avec une aisance impressionnante, il nous a offert des reprises étonnantes. De Don't Stop The Music de Rihanna en passant par Ray Charles ou Billie Holliday. Un sans faute, et gratuit, que demander de plus ?

La déception Lauryn Hill

Il faut dire qu'on partait dans de mauvaises conditions le 5 juillet... Pas facile d'apprécier un concert lorsque Lauryn Hill commence à jouer à 22 heures alors que le concert était annoncé à 19h30. Première partie impeccable assurée par Jalen N'Gonda suivie d'un... DJ. Ce dernier comble comme il peut l'absence de Mrs Lauryn Hill avec un set décousu et horriblement fort. Plusieurs spectateurs sortent de la salle Wilfried Pelletier pour se soulager les tympans... Et Lauryn Hill ? On nous assure qu'elle "est bien là quelque part dans le bâtiment". Rassurant. Elle rejoint finalement une salle déjà lessivée pour assurer le show. Au milieu d'une armée de musiciens, elle commence son concert sur les nerfs. Elle se retourne pour donner des directives aux musiciens, fait changer son micro plusieurs fois. Elle finira par se détendre et enchaîner les tubes, notamment Fu-Gee-La et Killing Me Softly With His Song qui raviront le public. Mais pour nous, il est trop tard : le mal est fait.

L'instant nostalgie signé Brian Wilson

Le moment que l'on attendait le plus, c'était probablement les 50 ans de l'album Pet Sounds présentés par Brian Wilson le 8 juillet. Le cerveau derrière les Beach Boys l'a assuré : cette tournée sera sa dernière. Quelle chance de pouvoir écouter en live l'un des plus grands albums au monde ainsi que les plus gros succès des Beach Boys. Les harmonies et l'enthousiasme du groupe sont communicatifs : ils s'éclatent et ça se sent ! La salle est debout et très émue pendant les 2 heures de concert. Al Jardine assure toujours à la guitare et son fils, Matt, impressionne avec sa voix haut perchée typique du son Beach Boys. Et Brian Wilson ? Visiblement affaibli, il est assis confortablement derrière son piano et joue quelques notes. Lui qui fut paralysé par le trac pendant des années en concert, semble détaché. Il assure pourtant le show sans faiblir jusqu"au rappel et un Love & Mercy piano/voix incroyablement émouvant. Seul derrière son clavier, il donne des frissons à toute la salle. Un concert magique.

Et aussi

On les adore et ils ne nous ont pas déçus : les mecs de HeyMoonShaker ont assuré le show... quatre fois pendant le festival ! Beatbox et guitare électrique, de quoi réveiller le public ! Gros coup de coeur également pour Peter Bjorn and John pour un set dansant dont la scénographie travaillée a été un véritable coup de coeur. Il était très attendu et n'a pas déçu : The Tallest Man On Earth a assuré le show entre émotion et grandiloquence. Mention spéciale également pour Guy Bellanger et son armée de guests qui nous ont bercés au son de l'harmonica. 

Et l'organisation ?

Difficile d'imaginer que le Festival International de Jazz de Montréal puisse se passer dans d'aussi bonnes conditions compte tenu de sa situation : le quartier des spectacles est entièrement bouclé le temps du festival. Une fouille à chaque entrée se passe dans le calme, il n'y a jamais de file d'attente, nous ne nous sentons jamais étouffés par la foule et tous les concerts commencent à l'heure. Sans parler des stands de nourriture et de musique proposés. Un sans faute, vraiment !