Paradis, c'est le coup de coeur de la rentrée à la rédaction. Le premier album de Simon et Pierre est un petit ovni de l'électro, parfait pour profiter de l'été indien. Rencontre le temps d'une interview. 

Staragora : Comment vous-êtes vous rencontrés ?

Paradis : Grâce à un ami en commun, en soirée. On s'est mis à parler de musique mais on n'avait pas le même regard sur la manière dont on devrait en faire. Ca ne nous a pas emêpché d'avoir envie de se revoir. C'était le point de départ. On est deux garçons pas forcément d'accord sur tout mais on cherche vraiment du plaisir : ça fait un objet musical qu'on trouve assez spécial. Qui nous est cher.

Quand vous avez commencé à travailler sur cet album en 2013, quel était votre but, qu'est-ce que vous vouliez ?

On avait tout simplement envie de faire un bel album. On avait uniquement sorti des morceaux de manière éparse. On voulait procurer la même émotion, mais sur une heure et quatre minutes. L'idée a toujours été de faire de la musique qu'on a envie d'écouter mais qu'on a pas souvent l'occasion d'entendre. 

Vous avez pensé aux personnes qui écouteront votre album en le composant ?

On fait de la musique pour nous même, c'est peut-être un déficit de générosité (rires) On fait cette musique parce que ça nous fait du bien. Ça nous rend assez libre de pression ou d'attente. C'est assez sain de ne pas y penser.

Pourquoi avoir choisi de chanter en français ?

Par sincérité et naturel. On voulait maîtriser tout ce qu'on propose artistiquement et les voix font partie de cette envie de maîtrise. Chanter dans une langue avec laquelle on n'a pas grandi était difficile. On compose les chansons en partant d'une mélodie, on cherche plus le son d'un mot que le sens, et on commence à construire des puzzles de mots.

Pour vous la musique électronique c'est fait pour danser ou pour rêver ?

C'est plutôt un moyen, tous les spectres de la musique y sont : contemplentif, pour se défouler... Quand on s'est rencontré on écoutait plutôt de la musique dansante c'est vrai. Aujourd'hui quand on nous demande quel genre de musique on fait, on se retrouve plus dans le terme de "chanson" que "électro". Pour l'instant on utilise des instruments électroniques c'est vrai mais on a envie d'avoir la liberté de faire ce qu'on veut, si on veut changer de cap plus tard. 

Une chanson vous touche particulièrement dans cet album ?

Miroir est un morceau sur lequel on a beaucoup lutté pour trouver un équilibre. C'est celui qui symbolise le mieux le son dont on rêvait pour cet album. Ça parle de ce qu'on a traversé à des moments un peu plus compliqués. Cette chanson est tellement personnelle... Elle englobe beaucoup de choses sur le fait d'être un artiste aujourd’hui, sur les compromis et le besoin de garder son intégrité.

Vous espérez que le public pense quoi en sortant de vos concerts ?

On n'y a jamais pensé (rires) Qu'ils aient passé un bon moment ? Essayer de restituer l'album tel qu'on l'entend sur le disque c'est très délicat et pas forcément adapté à la scène. Maintenant on a envie d’interpréter le disque d'une autre manière, avec un batteur notamment. Si quelqu'un vient nous voir et peut percevoir un autre aspect de notre musique, ça pourrait être intéressant. Peu importe le contexte, ce sont des chansons qui peuvent exister de plein de manières différentes.

Que peut-on vous souhaiter pour cette fin d'année ?

Que ça marche pour qu'on puisse faire un second album avec autant de liberté. C'est aussi le moment où on va commencer à faire plus de concerts. On ouvre un peu notre projet et on apprend à le partager et être plus généreux dans notre démarche artistique. On aimerait être bon là-dedans !