Il a beau renvoyer l’image d’un dur à cuire au caractère bien trempé, Bruce Springsteen n’en reste pas moins un être humain sensible et complexe. Dans son autobiographie, Born to Run, publiée mardi 27 septembre aux éditions Albin Michel, le Boss se livre comme jamais auparavant. L’ouvrage, entièrement écrit par le musicien, sans l’aide de quiconque, mentionne sans détour les fêlures de Bruce Springsteen, de son père à la dépression, en passant par son enfance très pauvre. Retour sur les émouvantes confessions du Boss.

Le père, de la révolte à la compréhension

Bruce Springsteen n’a jamais caché ses rapports conflictuels avec son père, notamment dans ses chansons. Dans Born to Run, il avoue aujourd’hui l’avoir durement jugé : "je n'ai pas été toujours très juste avec mon père dans mes chansons, quand je l'ai décrit comme l'archétype du parent négligent et autoritaire". Désormais, il sait que Doug Springsteen a longtemps lutté contre l’alcoolisme et des troubles mentaux. "L'histoire est beaucoup plus compliquée. Pas dans le détail des événements mais dans le 'pourquoi' de tout cela", explique-t-il.

Le combat contre la dépression

De son père, Bruce Springsteen a reçu autre chose : le lourd poids de la dépression. Suivi par un psychanalyste depuis 25 ans, le chanteur se bat constamment contre elle, et surtout quand il rentre de tournée. Accro aux acclamations de son public, le Boss estime avoir une dette envers son thérapeute et est certain qu’il n’aurait jamais tenu sans sa femme, Patti Scialfa.

Sa mère, son héroïne

Alors qu’il a longtemps entretenu des rapports compliqués avec son père, Bruce Springsteen voue en revanche une admiration sans borne à sa mère, Adele. Né dans une famille très pauvre, le jeune Bruce ne rêve que de faire de la musique. Ce sera sa mère, secrétaire, qui parviendra à réunir suffisamment d’argent pour lui offrir sa première guitare électrique. C’est aussi sa première fan. Âgée de 90 ans, on l’a vue cette année en train de danser sur scène auprès de son fils lors d’un concert au Madison Square Garden !

Non à la drogue

Aussi surprenant que cela puisse paraître pour une star du rock’n’roll, Bruce Springsteen confie n’avoir jamais pris de drogue, et ne boire de l’alcool qu’avec modération. Le musicien y voit deux raisons : le manque d’argent lors de ses débuts, et le fait d’avoir vu certains de ses amis "mentalement délabrés" à cause de leur consommation. "M'empoisonner l'organisme avec des saloperies, même pas en rêve", conclut-il.

Eternel douteur

Malgré son immense notoriété qui lui confère un statut de demi-dieu, Bruce Springsteen n’est pas du genre à prendre la grosse tête, bien au contraire ! L’homme doute constamment de lui-même, comme en témoigne son commentaire sur sa voix : "soyons clairs : je n'en ai pas vraiment. J'ai la puissance, la tessiture, et la résistance d'un barman, mais je n'ai ni une belle couleur ni une finesse vocale particulière." Cette voix lui a malgré tout permis de vendre 120 millions d’albums à travers le monde.