Si, comme bien d’autres personnes, vous êtes restés sur vos gardes aujourd’hui, vous êtes peut-être victime de paraskevidékatriaphobie, la phobie du vendredi 13. Maudit pour certains, annonciateur de chance pour d’autres, le vendredi 13 n’est certainement pas un jour comme les autres, et ça ne date pas d’hier !

Chez les Grecs, le 13 est un fauteur de trouble

Dans l’Antiquité grecque, la recherche de l’harmonie dans toute création humaine est au centre de la vie artistique et scientifique. Symbole de cette perfection, le chiffre 12 représente la régularité, la symétrie, l’ordre. On retrouve ainsi dans le monde antique grec (ainsi que dans l’Antiquité romaine), 12 constellations, 12 dieux, et un jour divisé en 2 parties de 12 heures. Le 13, lui, vient tout gâcher. En ajoutant une unité au 12 parfait, il détruit l’harmonie. Bref, c’est le vilain petit canard dont personne ne veut !

Vendredi, jour funeste pour les Romains

Les Romains non plus ne sont pas de fervents admirateurs du 13. Et quand on sait que le vendredi était le jour traditionnel des exécutions dans la Rome antique, on comprend mieux que le vendredi 13 puisse être revêtu d’une aura aussi sombre…

Des origines également nordiques

Dans l’une des légendes de la mythologie nordique, Odin, dieu des dieux, avait réuni 11 de ses petits camarades pour un festin, dont Balder, dieu de l’amour et de la lumière, le "bien-aimé" de ce panthéon. L’arrivée brutale de Locki, 13e convive dont la présence n’avait pas été souhaitée par Odin, fait tourner la fête au drame. Balder, son ennemi depuis toujours, tente de le chasser, et Locki lui décoche alors une flèche empoisonnée en plein cœur. Depuis ce jour, dans les pays nordiques, la superstition veut que l’on ne réunisse jamais 13 convives à table.

Freya et le vendredi

Toujours dans les mythologies scandinaves, la déesse Freya était naturellement liée au vendredi, jour auquel on lui faisait traditionnellement des offrandes. Mais la conversion des pays d’Europe du Nord au christianisme provoque quelques bouleversements dans les anciennes croyances. A partir du XIe siècle, la déesse est représentée comme une sorcière malveillante, vivant isolée au sommet d’une montagne, et convoquant chaque vendredi 12 sombres personnages (le diable et 11 sorcières) pour jeter malédictions et mauvais sorts.

Vendredi 13, un symbole fort chez les chrétiens

Difficile de parler du nombre 13 sans évoquer la Cène, c’est-à-dire le dernier repas du Christ, pris avec ses 12 apôtres, dont Judas, qui livrera Jésus de Nazareth à Ponce Pilate. Avec Jésus, ils étaient donc 13 à table. Jésus fut crucifié un vendredi, désormais célébré comme le Vendredi Saint.