Il y a déjà dix ans, l’Abbé Pierre rendait son dernier souffle, après avoir passé sa vie à aider les personnes dans le besoin. Nombre d’événements ont eu lieu aujourd’hui pour honorer la mémoire et poursuivre le combat du fondateur d’Emmaüs : une soupe populaire en collaboration avec le chef Thierry Marx a notamment été organisée, ainsi qu’un flashmob et un meeting de la société civile. Mais qui était vraiment l’Abbé Pierre ? Découvrez cinq anecdotes que vous ignoriez peut-être sur cette figure de la solidarité.

1) Un homme, plusieurs identités

Comme vous vous en doutez peut-être, l’Abbé Pierre ne s’appelait pas réellement Pierre. Il est né sous le nom d’Henri Grouès, puis est devenu frère Philippe en entrant en religion. Quant à l’Abbé Pierre, il s’agit de l’un de ses quatre pseudonymes de résistant pendant la guerre.

2) Résistant

Pendant la Seconde Guerre Mondiale, l’Abbé Pierre s’est opposé au régime nazi en recueillant des enfants juifs, en aidant les réfractaires au service du travail obligatoire, mais aussi en permettant au plus jeune frère du général de Gaulle, Jacques, et son épouse à passer en Suisse. Il recevra la croix de guerre 1939-1945 à la Libération.

3) Il s’est essayé à la politique

Après la guerre, l’Abbé Pierre a été élu député de Meurthe-et-Moselle en tant qu’indépendant apparenté au Mouvement républicain populaire. Il siégera ensuite à l’Assemblée Nationale de 1946 à 1951, date où il met un terme à sa carrière politique pour s’investir dans ses actions caritatives.

4) Charlie Chaplin lui a versé 2 millions de francs

Lors de l’hiver 1954, l’Abbé Pierre devient célèbre grâce à son appel en faveur des sans-abris et mal logés. Cet appel permettra de récolter 500 millions de francs en dons, dont deux millions versés par Charlie Chaplin, qui avait alors déclaré : "Je ne les donne pas, je les rends. Ils appartiennent au vagabond que j'ai été et que j'ai incarné."

5) On lui doit la trêve hivernale

Depuis plus de soixante ans, tous les hivers pendant cinq mois, il est interdit d’expulser des locataires en défaut de paiement. Ce qu’on appelle la trêve hivernale est également l’une des conséquences de l’appel de l’Abbé Pierre en 1954. Preuve que soixante ans plus tard, le combat du fondateur d’Emmaüs porte toujours ses fruits.