Son silence commençait à devenir vexant. Per Wästberg, membre suédois de l'académie Nobel qui avait décrit Bob Dylan comme "probablement le plus grand poète vivant", avait épinglé l'impolitesse et l'arrogance du chanteur-compositeur une semaine après l'annonce de son prix, quand la réaction de Dylan se faisait encore attendre. Finalement, on sait enfin ce que l'auteur de Like a Rolling Stone pense de l'immense honneur qui lui a été fait. En gros ? Il n'en revient toujours pas.

"Qui rêverait à quelque chose de pareil ?"

Interrogé par le Daily Telegraph, le chanteur américain est enfin sorti de son silence. Depuis le 13 octobre, jour où l'on avait annoncé que le prix Nobel de littérature lui était décerné, il avait refusé toutes les interviews, ainsi que les coups de fil de la prestigieuse académie suédoise. De sorte qu'on se demandait légitimement si Dylan serait même présent à la cérémonie qui se conduira le 10 décembre prochain à Stockholm, en présence de sa majesté le roi Charles XVI Gustave. "Absolument, a-t-il affirmé à la journaliste Edna Gundersen. Autant que faire se peut." Une réponse pas si catégorique, surtout quand on sait que le chanteur de 75 ans est actuellement en tournée aux Etats-Unis.

Bob Dylan raconte également sa réaction au moment où il a appris qu'il était le nouveau lauréat du prix Nobel de littérature, après Svetlana Alexievitch et Patrick Modiano : "C'est difficile à croire. [C'était] stupéfiant, incroyable. Qui rêverait à quelque chose de pareil ?"

Bob Dylan toujours aussi discret avec les médias

Ce n'est un secret pour personne, le chanteur et musicien n'a jamais été très friand d'interviews : de quoi expliquer son silence, alors même que la nouvelle de son prix Nobel apparaissait sur son compte Twitter… très certainement géré par un autre que lui ! Quand la journaliste du Daily Telegraph l'interroge d'ailleurs sur son silence depuis le 13 octobre, et sur les raisons qui l'ont poussé à laisser l'académie suédoise dans l'incertitude, ignorant leurs appels, l'immense artiste répond malicieusement : "Eh bien, me voici." Voilà qui pourrait exaspérer un peu plus Per Wästberg, mais rien de très surprenant pour les admirateurs de Bob Dylan…