Comme on s'y attendait, c'est une 89e cérémonie des Oscars très engagée à laquelle nous avons pu assister dimanche 26 février à Los Angeles, dans le superbe cadre du Dolby Theatre. Deux films récompensés ont notamment permis à l'académie d'enfoncer son clou anti-Trump : Moonlight et Le Client. La soirée a également connu un couac d'anthologie, à l'annonce de l'Oscar du meilleur film.

La La Land tombe de haut

Avec 14 nominations aux Oscars, La La Land partait comme un immense favori de la compétition, et c'est donc sans grande surprise que nous avons assisté à son triomphe lorsque Warren Beatty a annoncé le film de Damien Chazelle vainqueur de la catégorie meilleur film. Acteurs, réalisateur et producteurs montent alors sur la scène et débutent leurs discours de remerciements. Soudain, le producteur Jordan Horowitz s'interrompt, et annonce à la salle médusée : "Je suis désolé, il y a eu une erreur. Moonlight, vous avez gagné l'Oscar du meilleur film. Ce n'est pas une blague !". L'équipe 100% afro de Moonlight prend alors la place des stars de La La Land, tandis que Warren Beatty explique avoir lu sur sa carte : "Emma Stone – La La Land". Le 1er rôle féminin de la comédie musicale venait en effet de recevoir l'Oscar de la meilleure actrice. Il semblerait donc que les enveloppes aient été malencontreusement échangées. La La Land aura cependant remporté l'Oscar du meilleur réalisateur, de la meilleure bande originale, de la meilleure chanson originale (avec City of Stars), de la meilleure photographie et des meilleurs décors.

Emma Stone oscarisée

La ravissante actrice de La La Land se mesurait à de véritables pointures du show biz international, faisant face notamment à Isabelle Huppert, Meryl Streep ou encore Natalie Portman. C'est donc extrêmement émue qu'Emma Stone a reçu sa statuette des mains de Leonardo DiCaprio. " Merci d'avoir cru en moi Damien. Merci Ryan Gosling de m'avoir fait rire et d'avoir placé la barre si haut. J'ai encore beaucoup à apprendre. Je dois grandir mais cette statuette est un signe que je dois continuer."

Jimmy Kimmel ouvre la cérémonie des Oscars aux visites

Incroyable mais vrai, l'hôte facétieux de la 89e cérémonie des Oscars a trouvé le moyen idéal de rapprocher les stars de leur public ! En plein milieu de la soirée, il fait entrer dans le Dolby Theatre un groupe de touristes visiblement éblouis, smartphone à la main pour immortaliser le moment : "Nous sommes à la télévision, vous n'êtes pas obligés de filmer", rappelle Kimmel à la dizaine de visiteurs inattendus. L'un d'entre eux, gentleman, baise la main de son idole Nicole Kidman, tandis qu'un couple prend un selfie avec leur héros, Denzel Washington, qui leur fait le plaisir de les déclarer mari et femme ! 

Le discours choc de Viola Davis

En remportant l'Oscar du meilleur second rôle féminin (pour le film Fences de Denzel Washington), la star de la série Murder devient la 1ère actrice américaine à posséder un Tony Award, un Emmy Award et un Oscar. Grande favorite dans la catégorie pour cette 89e cérémonie, Viola Davis aura su marquer les esprits avec son discours de remerciements : "Merci à l'Académie. Il y a un lieu où tous ceux qui ont un grand potentiel sont rassemblés et c'est le cimetière. Moi je veux exhumer les histoires de ceux qui ont rêvé et qui n'ont jamais vu ces rêves se concrétiser. Nous sommes la seule profession qui célèbre ce que veut dire vivre sa vie […]" L'actrice a remercié son "capitaine" Denzel Washington, et son mari, "le fondement de [sa] vie".

Absent mais oscarisé, Ashgar Farhadi met en garde contre la division

Le réalisateur iranien avait annoncé qu'il boycotterait la cérémonie des Oscars pour manifester son opposition à la loi anti-immigration de Trump. Il remporte l'Oscar du meilleur film étranger avec Le Client. C'est son distributeur sur le sol américain qui est donc monté sur la scène pour recevoir la statuette et lire le discours préparé par le cinéaste : "C'est un honneur de recevoir cet Oscar pour une deuxième fois. Je suis désolé de ne pas être parmi vous. C'est une absence pour respecter six pays dont les ressortissants ont été interdits d'entrer aux Etats-Unis. Diviser le monde, créer la peur, créer une justification pour la guerre... Les cinéastes créent l'empathie entre nous et les autres. Une empathie dont nous avons gravement besoin aujourd'hui."

Jimmy Kimmel asticote Trump

Durant la cérémonie, le présentateur Jimmy Kimmel décide de prendre des nouvelles de Donald Trump, qui avait annoncé qu'il ne regarderait pas la cérémonie. "Hey @real DonaldTrump, t'es réveillé ?", demande-t-il aux alentours de 5 h du matin, heure française. "Meryl te dit bonjour", ajoute-t-il avec malice, en référence à l'actrice Meryl Streep que le président des Etats-Unis avait jugée "surévaluée" après le vibrant discours de cette dernière contre la loi anti-immigration durant les derniers Golden Globes.