L'enfant terrible d'Hollywood est de retour derrière la caméra ! Personnage controversé, connu pour son tempérament instable et ses coups de folie, Mel Gibson est également réputé pour être un metteur en scène exigeant et souvent extrême. Cela faisait dix ans qu'il n'avait plus endossé la casquette de réalisateur. Son Apocalypto, sorti dans la foulée de La Passion du Christ, avait divisé critiques et spectateurs. Avec Tu ne tueras point, il s'attaque pour la première fois au film historique (on ne peut pas vraiment considérer Braveheart comme tel). Plutôt bien accueilli à la Mostra de Venise, ce drame parviendra-t- il à faire de son metteur en scène un auteur reconnu ?

Le résumé de Tu ne tueras point

Lorsque la Seconde Guerre Mondiale éclate, Desmond Doss n'a qu'une envie : partir défendre sa liberté et celles de ses compatriotes au-delà du Pacifique. Mais le jeune homme, chrétien convaincu, est également un fervent pacifiste et refuse catégoriquement de porter une arme. Des convictions qui seront mises à rude épreuve lorsqu'il se retrouvera plongé dans l'enfer de la bataille d'Okinawa.

Ce qu'on a aimé

On peut reprocher beaucoup de choses à Mel Gibson. Mais, lorsqu'il s'agit de mettre en scène le souffle épique des batailles, ce dernier a prouvé à maintes reprises son savoir-faire. On retrouve ces qualités dans les scènes de guerre, filmées en immersion avec une violence et une intensité à couper le souffle. La seconde moitié du film, située sur la falaise de Maeda et théâtres d'affrontements sanglants entre soldats Américains et Japonais, a déjà sa place au panthéon des films de genre, aux côtés de la scène d'intro d'Il faut sauver le soldat Ryan. Andrew Garfield, que les fans de Spider- Man connaissent bien, est excellent dans un rôle inhabituel pour lui. Il parvient sans problèmes à rendre sympathique son personnage de soldat venu du fin fond de l'Amérique rurale aux convictions profondément ancrées.

Ce qu'on n'a moins aimé

Si on retrouve le meilleur de Gibson dans la mise en scène, on y retrouve aussi le pire. Sa réalisation est souvent trop pesante, trop grandiloquente, trop mélodramatique, particulièrement dans une première partie pas franchement réussie. Son obsession pour donner une dimension messianique à son héros est parfois à la limite du supportable, tout comme l'est son patriotisme exacerbé et sa dévotion aux valeurs religieuses. Côté scénario, il emprunte sans scrupules à tous les grands noms du film de guerre, du Soldat Ryan, donc, à Full Metal Jacket et Platoon. Si bien qu'on a l'impression de contempler un patchwork géant qui tenterait de synthétiser toutes ces influences en une seule œuvre. Cela passe par moments, beaucoup moins par d'autres. Enfin, un détail pour les plus sensibles : la violence est toujours au centre des films de Gibson, et Tu ne tueras pas point ne fait pas exception (malgré le titre).
Les litres de sang et les kilos de viandes hachées envahissent l'écran, et mieux vaut avoir l'estomac bien accroché pour certaines scènes.

Ce film nous rappelle un peu...

Il faut sauver le soldat Ryan, Full Metal Jacket, Platoon, Jarhead, même Pearl Harbor par moments. Un film qu'on conseille aux inconditionnels de Gibson qui seront ravis. Les fans de films de guerre risquent d'avoir un peu de mal avec la première partie un peu trop mélo, mais la seconde moitié se rattrape largement avec des scènes de combat spectaculaires.

La bande-annonce de Tu ne tueras point