Après Sous les jupes des filles, Audrey Dana poursuit son histoire avec la comédie ce mercredi 22 février, en proposant cette fois une histoire un peu plus fantasque : après un divorce éclair ayant conduit à la garde partagée de ses enfants, Jeanne ne veut plus entendre parler des hommes. Jusqu'au jour où elle découvre que la nature a décidé de lui jouer un drôle de tour en l'affublant soudain… d'un pénis ! D'abord paniquée, la jeune femme découvre peu à peu à quoi ressemble vraiment la vie quand on est doté d'organes masculins. Sur un pitch pas forcément révolutionnaire, Audrey Dana tisse un joli canevas de préjugés plus ou moins sexistes malheureusement toujours bien présents dans les mentalités. Pour les déjouer habilement ou en faire de simples prétextes à quelques situations cocasses ? Là est la question.

Bienvenue dans un monde de gros clichés

La 1ère partie de Si j'étais un homme agace, sans aucun doute. Alors que Jeanne doit apprendre à apprivoiser son nouvel attribut, et le flot d'hormones exotiques qui l'accompagne, elle découvre toutefois que la vie n'est pas si naze avec un zizi. Brusquement gonflée d'énergie et de confiance en elle, Jeanne se voit ainsi offrir l'occasion de changer sa vie, comme c'est la tradition dans ce genre de comédies bien connues des amateurs de Jim Carrey. Vous l'aurez compris, l'identité masculine est ici résumée à l'influence du niveau de testostérone (les hommes apprécieront). Ces messieurs sont décrits comme des bêtes de compétition, prêts à défoncer tous les obstacles, tandis que les femmes sont de petites choses incertaines et timides, atteintes à plus ou moins haut degré du syndrome de l'imposteur.

Si j'étais un homme plus engagé qu'il n'y paraît

Au 1er abord, le film ne vaut donc pas le prix de son ticket. Au 1er abord seulement, car au fur et à mesure que l'intrigue avance, on commence à mieux cerner le propos d'Audrey Dana. La réalisatrice s'interroge en effet avec honnêteté sur les rapports hommes-femmes, et la réalité de ce monde d'hommes qui continue à perdurer en dépit des progrès du féminisme. Deux acteurs, surtout, viennent considérablement alléger la sauce face à une Audrey Dana et un Christian Clavier pas toujours très inspirés : Alice Belaïdi, vraiment convaincante et drôle dans son rôle de voisine pétillante et pleine de répartie, et Eric Elmosnino (La Famille Bélier) qui démolit heureusement tous les clichés masculins accumulés au cours du film en interprétant un père de famille célibataire pas toujours sûr de lui. De quoi sauver un film finalement amusant mais parfois lourdaud et l'empêcher de sombrer dans les grosses ficelles de la caricature.

La bande-annonce :