C’est une nouvelle qui va réjouir tous les professionnels du cinéma… et faire rager l’association Promouvoir. Un décret agissant sur les critères de classification des films a été publié aujourd’hui dans le Journal Officiel et fait disparaître la notion d’interdiction automatique aux mineurs en cas de "scène de sexe non simulé". Cette nouveauté a pour vocation de rendre plus de liberté au milieu du cinéma, passablement irrité par les différentes actions de Promouvoir, qui a réussi à faire annuler plusieurs visas d’exploitation.

Vers une mesure de classification "proportionnée"

Fleur Pellerin, alors ministre de la culture, avait commandé en 2015 un rapport à Jean-François Mary, ancien président de la commission de classification des œuvres cinématographiques du Centre national de la cinématographie. Cette demande faisait suite aux actions de l’association Promouvoir qui avait obtenu de la justice des reclassifications de films comme Love de Gaspar Noé, devenu "interdits aux moins de 18 ans", mais aussi des annulations de visas d’exploitation comme celui d’Antichrist de Lars Von Trier.

Le rapport remis, c’est Audrey Azoulai qui succède à Fleur Pellerin, qui a mis en place ce décret pour adapter les textes. Désormais, les "scènes de sexe non simulé" ne mèneront pas automatiquement à une classification "interdit aux moins de 18 ans" ou "X". Il s’agira plutôt de cas par cas, et la mesure de classification devra être "proportionnée aux exigences tenant à la protection de l’enfance et de la jeunesse, au regard de la sensibilité et du développement de la personnalité propres à chaque âge, et au respect de la dignité humaine".

Exception pour les scènes de nature "à troubler gravement la sensibilité des mineurs"

Ce décret ajoute cependant que "lorsque l'œuvre ou le document comporte des scènes de sexe ou de grande violence qui sont de nature, en particulier par leur accumulation, à troubler gravement la sensibilité des mineurs, à présenter la violence sous un jour favorable ou à la banaliser", le visa d’exploitation doit être assorti d’une interdiction aux moins de 18 ans, avec ou sans classement "X". On imagine que les professionnels du cinéma seront malgré tout satisfaits des mesures apportées par ce nouveau décret.