Les internautes et la ministre des Droits des Femmes s'étaient indignés de la désignation de Roman Polanski à la présidence des César. Ce mardi 24 janvier, l'avocat du réalisateur âgé de 83 ans a mis fin à une polémique qu'il juge par ailleurs "injustifiée". Le cinéaste ne présidera pas la cérémonie, prévue pour le 24 février 2017.

Roman Polanski "profondément attristé" par la polémique

Rappelons que Roman Polanski a été poursuivi en 1977 aux Etats-Unis pour le viol d'une jeune fille de 13 ans. Le réalisateur avait plaidé coupable de "rapports sexuels illégaux" avec une mineure puis avait quitté le pays avant le verdict. Depuis des décennies, le cas Roman Polanski divise, et les tensions se sont révélées plus vives que jamais après l'annonce de sa nomination à la présidence de la prochaine cérémonie des César. Un honneur auquel le réalisateur de Tess a finalement renoncé, s'avouant "profondément attristé" selon les informations du Huffington Post.

Une victoire du féminisme

Le renoncement de Roman Polanski offre une conclusion favorable aux actions des associations féministes lancées depuis le 18 janvier. Osez le féminisme avait ainsi appelé à une manifestation devant la salle Pleyel le soir de la cérémonie des César. Sur Internet, une pétition demandant l'annulation de la nomination de Roman Polanski a recueilli plus de 60 000 signatures, et sur Twitter, on appelait à la résistance avec le hashtag #BoycottCesar. Laurence Rossignol, ministre des Droits des Femmes, avait elle-même manifesté son indignation en déclarant : "C'est un choix qui témoigne, de la part de ceux qui ont décidé de le nommer président des César, d'une indifférence à l'égard des faits qui lui sont reprochés."

Le soutien de certains

Pour autant, Roman Polanski bénéficiait de soutiens dans le monde du 7e Art. Dans un article du Parisien, le réalisateur Alexandre Arcady témoigne : "L'affaire a été réglée avec la jeune fille. Roman a grandement payé cette affaire. On crée une polémique autour d'un père de famille qui est l'honneur de notre cinéma." Un avis partagé par l'acteur François Berléand, et par Gilles Lellouche : "En France, on fait des polémiques de tout. On meurt de ça dans ce pays. Selon moi, il faut être cohérent. Polanski vit en France depuis quarante ans. Les faits qui lui sont reprochés précèdent cette arrivée. Depuis toutes ces années, il fait du cinéma ! A ce moment-là, il fallait lui interdire de vivre sur notre territoire ou d'y travailler."

Sa femme, Emmanuelle Seigner, a simplement posté une vidéo avec le messageJe me suis reveille dans la foret loin de la mechancete et la betise humaine .......et du mensonge (sic).